LA RELIGION I FÊTES ET CULTES EN ACHAÏE
Cette triste décadence du sentiment de la beauté, tel que l'avaient les anciens Grecs, ce déplorable évanouissement de Fantique idéalisme s'accorde parfaitement avec la décadence de la religion et du sentiment religieux d'autrefois. Seulement, il ne faut pas ici se laisser tromper par l'apparence extérieure. La décadence intrinsèque dans cet ordre d'idées ne devient réellement sensible que lorsqu'on pénètre profondément dans la vie des Hellènes d'alors, tandis qu'un examen superficiel pourrait nous faire croire que la vie religieuse était encore largement développée en Acbaïe. Il est, en effet, certain que les anciens cultes de toute espèce se perpétuèrent avec leurs rites souvent des plus caractéristiques, dont la majorité des contemporains avait depuis longtemps cessé de connaître ou de comprendre l'origine et la véritable signification*^ comme se perpétuèrent longtemps encore sur la plupart des points de la Grèce, avec une ténacité bien propre à cette race, de nombreuses fêtes qu'un lien intime rattachait à des événements historiques ; c'est avec la même ténacité que se maintint notamment, dans les différents cantons de la Grèce, l'inégalité extrêmement incommode des mois et du calcul du temps ^ Mais nous n^aurons à traiter ce sujet en détail que lorsque nous arriverons à parler des voyages de Pausanias en Achaïe, dans leur ensemble. Il nous suffira ici de reproduire les indications que Plutarque nous fournit incidemment. Nous apprenons de la sorte que déjà alors les oracles grecs de moindre importance étaient devenus, pour la plupart, muets. C'est ainsi qu'en Béotie^ au temps de Plutarque, le
Lesbos, p. 5. 16. Voy. encore la famille de veneurs et gladiateurs (appartenant à l'asiarque Nemerios Castricios Paconianos et à sa femme Aurélia Sappho Liciniana) dans Tîle de Cos : Bôgkh, C. I. Gr., II, n°2511. Pour la ville d'Halicarnasse elle-même, cf. Bôckh, C. I. Gr., Il, n° 2663, p. 456; pour Milet, n" 2880, lig. 12 sqq. et n» 8289; pour Aphrodisias {Addenda, p. 1109), n° 2759 6; pour Smyrna, n°« 3213. 3275. 3291. 3368. 3374. 3392,; pour Gyzique, cf. Friedlânder, ibid, et Bôckh, n° 3677 ; de même, pour Pergame, Friedlânder, Iog. cit.
*) Sur la fête bizarre célébrée en Crète, voy. Plutarch., De defect. uracuL, 14 ; indications analogues dans Philostr,, Vit. Apollon. Tyan.. IV, 34. Fête de deuil à rites archaïques en Grèce, voy. Plutarch., De Isid. et Osirid., 69.
-) Cf. Plutarch.; Numa, 18. Aristid., 17 fin.