CULTES, FÊTES ET USAGES EN ACHAÏE
le peuple phocidien y célébrait en même temps l'impérissable souvenir de la grande victoire remportée près de Hyampolis par ses ancêtres, sous les ordres de Daïphantos, sur le corps des chevaliers thessaliens, objet de son ardente haine (avant les guerres médiques, vers Tan 500 av. J.-C.) \ Dans une autre région de la Phocide subsistait le culte d'Héraclès Misogyne, dont le prêtre, qui était changé chaque année, ne devait avoir aucun commerce avec les femmes : condition qui devint d'un accomplissement difficile du jour où l'on eut choisi pour cet office un jeune homme, au lieu d'un vieillard, comme c'était la coutume ^ On célébrait toujours à Platée les « Eleuthéries », cette noble fête qui rappelait le souvenir de la grande victoire panhellénique de l'an 479 avant Jésus-Christ, et aussi le service funèbre annuel en l'honneur des héros tombés dans cette bataille ^ Les Athéniens célébraient toujours chaque année (le 6 du mois de Boédromion) le souvenir de la bataille de Marathon par une solennité religieuse, une procession au temple d'Artémis Agrotera (ou Hécate) dans le faubourg d'Agrœ sur l'Ilissos * ; et les Thébains, le souvenir de la bataille de Leuctres^
De vieux usages, même sanguinaires, étaient alors encore, dans certaines circonstances, suivis avec une rigueur fanatique. C'est ainsi que, d'après un usage qui existait à Orchomène en Béotie, tous les ans, lors de la fête des Agrionies, le prêtre de Dionysos devait poursuivre, l'épée à la main, ceux qui passaient pour être les descendants des filles de Minyas, Leucippe, Arsinoé et Alcathoé, sur lesquelles pesait la malédiction, et il avait alors le droit de tuer les femmes de cette famille qu'il pouvait atteindre. Du temps de Plutarque, le prêtre Zoïle avait
*) Plutahch.^ De mulier. virtutib., 2. Qusest. Sympos., IV, 1. Non posse suavité^' vivi secund. Epicur., 18. Cf. M. Duncker, Geschichte des Alterthums, III, p. 305 sqq.
^) Plutarch., De Pythise oraculis, 20..
3) Plutarch,, De Herodot. malignit., 42. Vit, Anslid.^ 19 et 21. Keil, Inscr. Boeot., n» 32 /p. 127. ( Les fêtes dites des Eleuthéries à Smyrne sont de tout autre nature. Plutarch., Parallel., 30).
*) Plutarch., De Herodot. malignit., 26. Non passe suaviter vivi secund. Epicur., 18.
^) Plutarch., ibid.