‹ Histoire de la Grèce sous la domination des Romains (volume 4)Chapitre 89 sur 179 · LES PRÊTRES DE CYRÈLE · texte numérisé non relu

LES PRÊTRES DE CYRÈLE

comme ailleurs, à cette époque et dans celle qui suivit, de nombreuses troupes ambulantes de prêtres mendiants, adorateurs nomades de la Cybèle phrygienne^ la « Grande Déesse», comme on l'appelait, ou la « Grande Mère », ou la « Déesse Syrienne » ; c^était un ramassis débraillé de castrats effrontés, d'ignobles « cinaedes », de musiciens, de jongleurs, véritable lie de la société, qui voyageaient par bandes d'un lieu à un autre, et qui, au nom de la petite idole qu'ils traînaient avec eux sur le dos d'un âne, se livraient à la mendicité la plus éhontée. Yêtus et parés comme des femmes, ils chantaient et dansaient au son du tambourin et de la flûte, se flagellaient jusqu'au sang et se mutilaient, sauf à se dédommager ensuite aux dépens des gens naïfs et crédules, qu'ils rançonnaient sans vergogne^, par le vol et par des excès sans nom. Il y avait aussi des prophètes et nécromants égyptiens, qui exerçaient également leur industrie en Grèce ^. D'autres, qu'on appelait les Chaldéens, allaient partout disant la bonne aventure, offrant à bon prix aux gens crédules des prédictions sur toutes les choses de la vie ordinaire, sur le meilleur moment pour contracter mariage, pour entreprendre de grands voyages, sur l'issue de ces voyages, etc., et il leur était fort égal de se discréditer publiquement à diverses reprises, dans ces prédictions, de la manière la plus grotesque ^

Mais il y avait encore d'autres causes qui, quoique à un moindre degré qu'à Rome, réagissaient aussi sur l'Achaïe et contribuaient à ruiner la vieille foi. De ce nombre est surtout, comme nous l'avons déjà dit, l'euvahissement des cultes orientaux * de diverses espèces. Nous trouvons d'abord, comme cela a déjà été dit (p. 79), des colonies considérables de marchands et d'industriels juifs dans les grandes places de commerce de la péninsule grecque, et partout, en même temps, les points

*) Philostrat., Vit. Apollon.,Y, 20 fin. Apul., Metam., VIII, 24 à IX, 10. Plutarch., De Pythiœ oraculis,25. Lucian., Asin., 35-41. cf. Burckhardt, DieZeit Constantins des Grossen, p, 188. Gregorovius, HtK^nan, p. 238 sqq.

2) Apul., Metam., II, 28-30.

^) Apul., Metam.., II, 13-15. Plutarch., loc. cit. et 0pp. éd. Dûbner, torn. V, p. 32. xn.

*) Cf. d'une manière générale K. Fr. Hermann, Gottesdienstl. Alterth., § 12, 13.

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