‹ Histoire de la Grèce sous la domination des RomainsChapitre 101 sur 227 · DÉVELOPPEMENT PACIFIQUE EN GRÈCE · texte numérisé non relu

DÉVELOPPEMENT PACIFIQUE EN GRÈCE

parler même de la sécurité infiniment moins grande des provinces qui s'étendaient aux frontières de l'empire. Ce fut justement l'insécurité des communications dans les provinces frontières de l'empire qui semble avoir rendu aux villes grecques une partie de leur ancienne activité commerciale^ grâce à Temploi plus fréquent des voies maritimes \ Le développement religieux de l'époque s'accomplit ici beaucoup plus pacifiquement qu'en Orient et dans les pays plus agités de l'Occident. Selon toute apparence, si la Grèce ne resta pas étrangère à la guerre d'extermination qui commençait contre le paganisme^, ainsi qu'à la guerre confessionnelle entre les clirétiens catholiques et ariens, ces luttes n'eurent pas chez elle l'acharnement que l'on constate ailleurs.

On sait que, depuis la défaite de Licinius, l'empereur Constantin, avec une résolution lente mais ferme, avait fait do

et des fabriques impériales, ainsi que des étranges et funestes restrictions (cf. CoD. Theodos., IX, 23, 1) qui pesaient sur le petit commerce.

*} Cf. FiNLÂY, p. 105-128, lequel donne ensuite des renseignements étendus (cf. p. 133) sur le commerce de toutes les contrées orientales de langue grecque avec l'Orient, en dehors de la Perse.

2) Nous n'avons pas de détails sur l'extension positive du christianisme en Grèce dans ce temps. Mais la tradition nous apprend, entre autres choses, qu'Hélène, la mère de Constantin, édifia la célèbre église d'Hekatontapyliarii, près de ISaussa et Paroikia à Paros (où du reste, comme en général dans les îles, le paganisme s"est maintenu jusqu'au v^ siècle). L. Ross, Griech. înselrcisen, I, p. 46. Peut-être est-elle aussi de cette époque l'antique église de Saint-Pierre à Argos, dont parle Bursian, Geogr. v. Griech., II, 1, p. 56. Mais on ne saurait préciser le temps où M. Lollius Epinicos consacra à la Stata Mater le monument dont il ne reste plus que le marbre avec fronton dans l'église de Kato-Achaïa (dans les ruines d'Olenos), trouvé par Le Bas (cf. Revue archéol. Juillet 1843, p. 280 sqq.). Les inscriptions chrétiennes suppléent mal à la disette de renseignements sur les premiers siècles du christianisme en Grèce avant le partage de l'empire. Ajoutons, pour être complets, que, parmi les inscriptions chrétiennes (la plupart funéraires) qui peuvent nous servir ici jusqu'à un certain point dans le tome IV de Bockh, Corp. Inscr. Grœc, le n° 9439 appartient au iie ou iii^ siècle et vient de Thessalonique; les n^^ 9288 et 9289, p. 470, du iii*^ ou du jvo siècle, se rapportent à Mélos et à ses catacombes; que le n° 9319 (Athènes) et le n« 9303 (Salamine) sont du ive, peut-être môme du v^ siècle. Mais nous voyons par le n*» 9294, p. 472 sqq., que jusqu'à la fin du nie siècle le christianisme avait gagné au moins sporadiquement des adeptes à Élis, et par le n® 9301, p. 474 sqq., qu'il en avait aussi à Sicyone au iv^ siècle. Pour Thasos, dans la deuxième moitié du iv° siècle, cf. Ullmann, Gregor von Nazianz, p. 204.

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plus en plus de la cause des chrétiens sa propre cause. Nous ne chercherons pas à résoudre ici le grand prohlème du secret psychologique de ce grand homme, la question de ses sentiments intimes vis-à-vis de la religion chrétienne. Ce qui suit suffira pour le but que poursuit notre travail. Quoiqu'on Tait dit souvent, l'empereur Constantin ne fit pas encore du christianisme la religion de l'État. Mais il aplanit les voies qui conduisirent bientôt à ce résultat. Jusqu'à la fin de son règne, il chercha à établir en toutes choses une parité extérieure entre l'ancienne et la nouvelle religion : notamment dans les services de l'État, il ne fut pas encore question d'une préférence pour l'un ou l'autre parti. Seulement, les gouverneurs furent choisis de préférence dans les rangs des fonctionnaires chrétiens. Mais c'est un fait indéniable que l'empereur s'intéressa, d'une part, personnellement avec une sympathie croissante aux affaires de l'Église chrétienne et ne cessa d'accorder de nouvelles faveurs au christianisme, tandis que^, d'autre part, non seulement il abolit certains abus horribles du polythéisme, mais, tout en restant toujours le Pontifex Maximus romain, il dépouilla, avec une irrévérence toute fiscale, de nombreux temples de leurs œuvres d'art et de leurs. trésors, supprima des sanctuaires désertés par leurs fidèles, et montra clairement qu'il était bien résolu à laisser peu à peu tomber la cause de l'hellénisme. Il arriva donc naturellement que, parmi les gens qui se laissent diriger par les tendances de la cour, quelles qu'elles soient, il y en eut chaque jour davantage qui se tournèrent vers le christianisme, avec plus ou moins de conviction intérieure, ce que nous n'avons pas à rechercher. La force offensive de l'hellénisme s'était épuisée pendant la persécution de Dioclétien. La masse de la population païenne, comprenant encore plus des deux tiers des citoyens de l'empire^ devant l'indifférence croissante à l'égard de l'ancienne foi, laissa passivement les choses aller comme elles voulaient. Le temps des martyrs païens n'était pas arrivé encore : nous ne les verrons que peu avant la chute définitive du monde antique. En attendant, la décomposition tranquille du polythéisme semble s'être opérée avec le plus de lenteur dans les anciens pays des Hellènes, où les antiques cultes et

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