‹ Histoire de la Grèce sous la domination des RomainsChapitre 102 sur 227 · LE CHRISTIANISME EN GRÈCE · texte numérisé non relu

LE CHRISTIANISME EN GRÈCE

les antiques fêtes étaient pour ainsi dire incarnés d'une manière presque indestructible dans la nationalité grecque restée inébranlable et sans mélange, où Timpétuosité chrétienne se montrait avec plus de ménagements, où l'Université athénienne, par essence, conservait toujours vivants les souvenirs du passé classique. C'est justement sur ce terrain que les rapports entre les fils chrétiens et païens du même pays subsistèrent encore longtemps, sans bruit. et sans hostilité. Ce fut, en tout cas, au grand profit moral des communautés chrétiennes de la Grèce — qui, tout en n'ayant plus dans l'Église chrétienne la prépondérance dont elles avaient joui jusqu'à Septime-Sévère, étaient l'objet d'une piété constante, elles qui remontaient pour la plupart indubitablement par leurs origines jusqu'aux apôtres, comme Thessalonique, Athènes, Corinthe, et qui, par le dévouement avec lequel leur pauvreté avait soutenu les chrétiens de Jérusalem ^^ s'étaient conquis une gloire immortelle — car elles furent ainsi , semble-t-il, heureusement à l'abri de la dangereuse et funeste tentation, à laquelle succombèrent les églises d'Orient, de rendre haineusement aux païens les mauvais traitements dont elles avaient souffert dans le passé.

Une autre circonstance ne fut pas moins heureuse pour le christianisme en Grèce, c'est que la terrible querelle confessionnelle qui, au lendemain de la victoire de Constantin sur Licinius, avait divisé l'Église, principalement en Orient, jeté la discorde dans le sein des communautés et des familles et sapé de la manière la plus désastreuse la puissance morale de rÉglise pendant les siècles suivants, s'arrêta sur le seuil des pays grecs européens et ne réussit pas à le franchir. On sait que l'Église d'Orient, à peine échappée aux terreurs de la persécution, se divisa aussitôt sur la grande question dogmatique qui se rattache au nom d'Arius. Lorsque Constantin convoqua, en 325, à Nicée en Bithynie, le premier grand Concile œcuménique pour mettre fin aux dissensions de l'Église, parmi les évêques d'Orient, qui y vinrent presque tous, ceux des provinces grecques furent représentés en grand nombre \ Et,

*) Il Cor., 8, 2-3. Ad Roman., 15, 25 sq.

^) Des évêques d'Asie, de Crète, de la Grèce européenne, sont mentionnés

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