LE PAGANISME EN GRÈCE
orthodoxe eut été refoulé à Constantinople et que Tarianisme fut devenu l'objet de toutes les faveurs, l'Eglise de Grèce, grâce à son attitude particulière, ééhappa aux funestes tentations inséparables de l'élévation de Farianisme à la dignité d'une espèce de religion de cour.
La situation du paganisme, au contraire, dans la Grèce proprement dite, devint essentiellement défavorable sous les premiers successeurs de Constantin. C^en fut fait de la tolérance consciente du gouvernement à l'égard de la vieille foi lorsque ce Constantin, « égal des apôtres », que les écrivains chrétiens postérieurs n'hésitèrent pas à célébrer par les mêmes noms ^ dont se servaient autrefois les païens pour leurs empereurs vivants et encore plus pour les défunts, tombé gravement malade dans la semaine de Pâques de l'année 337, fut formellement reçu dans le sein de l'Église chrétienne par le baptême et mourut à Nicomédie le dernier jour de la Pentecôte de la même année (22 mai).
La nouvelle capitale, Constantinople, devint aussitôt le théâtre de terribles violences et de ces scènes de carnage dynastiques qui se sont répétées cent fois depuis, avec une horrible régularité, sous les régimes romain, byzantin, musulman, jusqu'en plein xix® siècle. Dès Tannée 335, l'empereur Constantin avait fait, de cet empire auquel son épée venait seulement de rendre l'unité, un nouveau partage entre les princes de sa maison arrivés à la majorité ; de sorte que ses fils, les césars Constantin II, Constance II et Constant, et ses deux neveux, les césars Dalmatius et Hannibalianus, prirent tout de suite l'administration de leurs parts de l'empire. 11 avait décidé, de plus, qu'à sa mort ces cinq jeunes princes (nous ne savons pas avec quelle hiérarchie ni sous quelles formes) gouverneraient leurs territoires en souverains indépendants. Ainsi Constantin II avait reçu les pays de la préfecture des Gaules; Constant, l'Afrique, l'Italie et les provinces illyriennes proprement dites; Dalmatius, la Thrace, la Macédoine et TAchaïe; Constance, tout l'Orient au-delà de la Propontide
*) Cf. ©ôiotaToçdans le ChroniconPaschale^ p. 518,8 et p. 530; \<s(XTzh<jxo\o<i dans EusÈB., Vit. Constant., iV, 60.