LA DYNASTIE DES CONSTANTINS
et des détroits ; Hannibalianiis enfin, l'Arménie et le Pont*. Mais la race maudite du grand empereur ne fut pas satisfaite de ce partag-e. Aussi, dès que les pompeuses funérailles et la sépulture du corps de Constantin dans l'église des Apôtres, à Constantinople, furent terminées, l'astuce du jeune Constance et de ses misérables conseillers réussit à faire massacrer par l'armée presque toute la maison de Constance Chlore. Dalmatius et son frère, attirés dans la capitale, furent supprimés de la même façon ^ Après cela, les trois césars Constantiniens furent proclamés officiellement Augustes par le Sénat, le 9 septembre 337. Le sanglant butin fut partagé par les frères dans l'été de l'année 338, dans une conférence à Sirmium, de sorte que la ïhrace avec la capitale échut finalement à Constance II, tandis que Constant obtenait toute la préfecture d'Illyrie, avec la Crète, la Macédoine et l'Achaïe \ Le jeune empereur Constant, qui , comme l'on sait, était devenu le maître de toutes les provinces occidentales de l'empire après la mort de Constantin II, tué en 340 dans la guerre si follement entreprise pour spolier ses frères', était
*) C'est ainsi que ce partage est exposé dans Aurel. Victor, Epilom., 41, 18-20. Voy. aussi Anonym. Vales., VI (dans Wagner, p. 615, 35). Cf. ZosiM., II, 39, 3-4. BuHCKHARDT, op . cU., p. 337 sqq. s'en tient exactement à cet exposé; seulement, il attribue à tort l'Illyrie proprement dite à Dalmatius. WiETERSHEiM, III, p. 491 et 214, 255, exprime l'idée, inexplicable pour moi, que Dalmatius ne reçut que le diocèse de Dacie, et que vraisemblablement la Macédoine avec l'Achaïe fut donnée à Constance. Cette opinion de WiETERSHEiM cst aussi celle de H. Righter, Das westrômische Reich, p. 100. 671, qui restreint la dénomination de ripa Gothica dans Vales, Anonym., loc.cit., à la région du Bas-Danube; mais ses idées sur la subordination relative de Dalmatius et d'Hannibalien aux Constantins sont très tentantes. Cf. aussi Schiller, p. 234 sqq.).
2) Sur la sépulture de Constantin à Constantinople : Aurel. Vict., Csos., 41. Epitome, 41. Anonym. Vales., VI (dans Wagner, p. 616, 35). Euseb., Vit. Constant., IV, 66. 67. 70. Chronic. Paschale (éd. Bonn), Vol. I, p. 533. SocRAT., I, 40. SozoM., II, 34. Sur le massacre : Aurel. Vict., Epitome, 41. ZosiM., II, 40. Julian., Ad. S. P. Q. Athen., I, p. 496 sqq. (éd. Petau). Burckhardt, p. 340 sqq.
3) Julian., Orat. I, p. 33. Cf. Eunapius, Vit. So2)hist., p. 89 sq. (éd. Boissonade). Cedrenus, p. 297 a. P. Zonar., XIII, 4, p. 11. Burckhardt, p. 342.
SCHILLERj p. 239.
*) Malalas, chez qui abondent les assertions étranges, prétend que l'empereur Constantin II trouva la mort à Mothone (XIII, p. 325 [0. p. 11 fin. V. p. 6 fin.]).