‹ Histoire de la Grèce sous la domination des RomainsChapitre 111 sur 227 · LE PRINCE JULIEN · texte numérisé non relu

LE PRINCE JULIEN

Le prince impérial Julien, doué des plus hautes facultés, un des peu nombreux princes de la famille de Constantin échappés au terrible massacre de Iêu famille en 337, né en 331 à Constantinople d'un frère consanguin du grand Constantin et cousin de Tempereur Constance II, était déjà, dans le temps de ses études juvéniles à Constantinople sous le professeur Nicoclès de Laconie, grammairien chrétien et homériste distingué \ entré en relations personnelles avec un homme de cette nation hellénique à laquelle il devait donner dans la suite toutes les affections de son cœur. En 355, il avait pour la première fois appris à connaître la Grèce, l'objet de ses ardents désirs. On sait, en effet, qu'en butte à la surveillance haineuse de son soupçonneux cousin Constance, après un séjour forcé en Cappadoce (344-351) et des éludes reprises à Constantinople et à Nicomédie, enfin après les angoisses du temps qui suivit l'exécution de son frère Gallus (354), il avait obtenu, par l'entremise de la noble impératrice Eusébie (une Grecque de distinction, de Thessalonique en Macédoine), la permission de se rendre en Grèce et d'y vivre tout entier à ses études, en toutes choses comme un Grec^ Probablement en mai (d'autres disent au commencement de juillet) 355, il était arrivé à Athènes où, passionné comme il l^'a toujours été pour le grandiose passé de la Grèce et avant tout d'Athènes, pour les grands génies de ce pays, pour toute la race encore vivante des Hellènes ', il s'adonna avec ferveur à tout ce qui était capable d'attacher son esprit et son imagination à cette terre chère entre toutes à tous les fidèles de la vie antique et de l'hellénisme. Un seul homme s'était trompé sur le compte du jeune Julien : c'était l'empereur Constance luimême. Celui-ci, dans sa jalousie toujours éveillée contre la

<) SocRAT., III, 1. Cf. LiBANius (éd. Reiske), vol. I, p. 459.

2) Julian, (éd. Petav. vol. I.) Epistol. ad Athéniens., p. 503. 504. 505. et Orat., III, p. 220 sqq. 225. Libanius (éd. Reiske), vol. I, p. 410, et In necem Julian., p. 531. Ammian. Marcellin., XV, 2, 8; 8, 1. Zonar., XIII, 10, p. 20. Sur l'origine de l'impéralrice Eusébie, voy. Julian,, Orat. III, p. 205. 206. SoGRAT., III, 1 et 23. Sozomen., V, 2. Cedrenus (éd. Bonn.), p. 524.

3) Cf. entre autres Julian., loc. cit., p. 221. 222 et 496, vol. II, p. 74. Liban., loc. cit.

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