‹ Histoire de la Grèce sous la domination des RomainsChapitre 116 sur 227 · PROCÈS ENTRE ARGOS ET CORÎNTHE · texte numérisé non relu

PROCÈS ENTRE ARGOS ET CORÎNTHE

gos, bien plus pauvre que sa rivale, avait été forcée de payer pendant sept années des sommes considérables aux Corinthiens, qui employaient ce tribut, avec les contributions de plusieurs autres villes intéressées à cet usage, à couvrir les frais de ces fêtes immorales dont d'horribles combats de bêtes et de gladiateurs étaient l'élément principal et le bouquet. Les Grecs d'Argos, fatigués enfin de supporter cette charge accablante, envoyèrent à l'empereur Julien (sans doute dans les premiers mois de Tannée 362 qu'il passa à Constantinople) une ambassade qui devait solliciter une révision du procès ; car il semble que sept ans auparavant ce procès avait été perdu pour Argos parla maladresse et le découragement de son représentant, comme aussi grâce à la partialité du proconsul. Les envoyés de la ville avaient été très heureusement choisis. Argos avait alors la chance de posséder parmi ses nobles décurions deux hommes, Diogène et Lamprias, fort riches, qui avaient conservé un goût devenu de plus en plus rare, celui d'employer leurs ressources matérielles et leurs talents au service de leur patrie, et qui, par conséquent, à plusieurs reprises, avaient conduit des procès de la ville et accepté des ambassades. Ce qui les recommandait encore puissamment à la bienveillance de l'empereur, c'est qu'ils n'étaient pas seulement des hommes éloquents et de haute culture, mais encore des philosophes zélés. Bien plus, lorsqu'il apprit que dans Argos l'ancienne gymnastique était encore florissante et que les Argiens^ outre les doubles jeux Néméens, en entretenaient de plus deux autres accompagnés de pompeux sacrifices, de sorte que cette ville avait tous les ans un grand Ayon, l'empereur s'intéressa très énergiquement à leur affaire et recommanda le procès et l'ambassade au nouveau juge constitué pour cela (peut-être le nouveau proconsul d'Achaïe, Praetextatus, ou le nouveau préfet d'Illyrie) avec une telle chaleur que la décision ne put sans doute pas manquer d'être prise en faveur d'Argos*.

■ ■ ■ ' i "■ '' *) La lettre de recommandation de l'empereur, à laquelle nous empruntons tout cet épisode, est la célèbre Episio/a 35 (Julian, éd. Petav. vol. II, p. 169 sqq. et p. 322 sqq.). Sur la date de cette lettre, que (contrairement à Petau, p. 174 et p. 328 de son commentaire) nous devrons placer au temps

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