‹ Histoire de la Grèce sous la domination des RomainsChapitre 12 sur 227 · LA GRÈCE ET LE DROIT DE CITÉ · texte numérisé non relu

LA GRÈCE ET LE DROIT DE CITÉ

la situation des Grecs en Europe : jusqu'à la fin du n^ siècle après J. -G., ils ne nous ont jamais complètement manqué. Une seule supposition ressort avec quelque netteté de la nature des affaires grecques en Achaïe. Nous avons observé plus haut que les nombreuses admissions de Grecs riches et distingués de ce pays au droit de cité romaine avaient eu à un point de vue au moins une conséquence fâcheuse. Tandis que la propriété foncière provinciale des nouveaux citoyens eux-mêmes restait grevée de l'impôt foncier qu'elle payait auparavant *, un assez grand nombre d'entre eux avaient réussi à se faire exempter au moins de la capitation et à se soustraire aussi aux autres charges ordinaires de ]a population provinciale. Il en résulta que, en dehors de l'impôt foncier et de ses annexes, les charges publiques pesèrent de plus en plus sur la partie la plus pauvre de la population. Cet état de choses dut certainement être la cause de bien des inconvénients, disproportions, inégalités, et en particulier de profonds ressentiments sociaux ; d'un autre côté, les avantages personnels attachés à la qualité de citoyen romain n'en furent que plus appréciés. A ce point de vue, l'élévation définitive de |tous les habitants de la Grèce au droit de cité romaine dut être un retour désirable à l'égalité.

Nous avons pour terminer à faire encore une observation sur cette afi'aire. Comme toute la manière d'être et l'activité de Caracalla, même en ne tenant pas compte de ses goûts avant tout soldatesques, étaient inquiètes et inconstantes ; comme, dans la réforme grandiose dont nous avons parlé jusqu'ici, c'était en définitive Je côté financier qui avait le plus d'importance à ses yeux, l'empereur, quoique son époque fut l'époque classique de la jurisprudence romaine, n'avait pas songé, selon toute apparence, à tirer aussitôt de ses actes toutes les conséquences nécessaires. Nous voulons dire que l'élévation de tous les habitants libres de l'empire à la qualité de « Romains » semblait devoir faire naître naturellement l'idée de se débarrasser de la quantité de formes de constitutions locales si variées qui régnaient dans les provinces de

*) Cf. ci-dessus, p. 7, 2,

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