LA GRÈCK ET LE DROIT DE CITÉ
l'empire, notamment dans les pays grecs, et qui avaient perdu, au moins pour la plus grande part, leur ancienne signification, et de faire établir partout, notamment pour l'organisation des villes, plus d'unité. Mais, autant qu'il nous est possible de le constater, il ne fut nullement question de cela. Avant l'époque de Constantin, les Romains n'aimaient pas en général ce genre d'innovations fondamentales sous forme de codes, et bientôt après Caracalla, les destinées de l'empire en général prirent une tournure telle, qu'une terrible nécessité réclama, jusqu'à la fin du m" siècle, toute l'activité des meilleures forces de tous les peuples pour des intérêts et des questions vitales autrement importantes que le nivellement d'inégalités inofîensives notamment dans l'organisation des villes grecques. L'état des provinces, spécialement en Grèce, est donc après Caracalla à peu près celui-ci : l'édit de l'empereur a, pour le moment et le temps immédiatement postérieur, transformé en citoyens romains tous les habitants du pays, en exceptant les esclaves et les colons : il est réservé au temps de fixer légalement et de régler les conséquences qui se produisent dans les différents domaines de la vie publique et de la vie privée. Pour ce qui concerne les villes, ce facteur essentiel de la vie nationale dans les pays grecs depuis les temps les plus reculés, le nouvel ordre de choses était simplement celui-ci : « en faisant des habitants des citoyens romains, la constitution de Caracalla transforma du même coup en municipes les villes qui ne l'étaient pas encore ^ ». Néanmoins on ne changea certainement rien alors à la constitution des villes % et l'on ne transforma certainement pas encore tout le système existant en groupement des villes. Quoique, par l'entrée de tous les Grecs dans le droit civil romain , une grande partie des différences qui avaient existé jusqu'alors entre les diverses classes des villes eût perdu sa signification essentielle, les villes de la Grèce
*) Cf. PucHTA, Cursus der Institutionen, I, p. 4t8.
^) Cf. Walter , Geschichte des Rômischen Rechtes bis auf Justinian (3e édit.), I, p. 527; sur l'importance des mesures de Caracalla pour l'extension de plus en plus générale du droit romain sur tout l'empire, voy. p. 470.