LES CULTES ANTIQUES EN ACHAÏE
encore entre les diiïérentes tribus de la nation. L'hellénisme était toujours le terrain sur lequel s'opérait ce dernier nivellement. La plupart des cultes, rites et mystères que nous avons étudiés subsistaient encore*. Eleusis était notamment le centre consacré de tous les païens pensants et enthousiastes de la Grèce et du monde civilisé hellénique*. La rude Kpire produisait alors dans la personne de Priscos, l'ami de l'empereur Julien, un philosophe notable de l'école néoplatonicienne, et, dans celle du cynique Iphiclès, un philosophe d'une trempe tout à fait originale ^ Sparte elle-même possédait une école de rhéteurs*. L'Université d'Athènes, dont nous allons résumer l'histoire au iv® siècle ap. J.-C, était en
eut recours à la méthode païenne de conjurer la morte, jusqu'à ce que, dit la légende, elle donnât du fond de son tombeau la réponse désirée. Cette aberration pouvait à peine être excusée alors par la formule, « il pria Dieu de vouloir bien donner d'avance un exemple de la résurrection promise! »
SOCRAT., HÙt. ECCL, I, 12. SOZOMEN., I, 11. Cf. BURCKHARDT, Op. cit.
p. 240 sqq.
*) Par exemple, le culte d'Achille sur l'île pontiqiie de Leuké, Ammian. Marcellin., XXII, 8, 35, et la « fête des fouets » pour les enfants à Sparte; cf. Themist., Orat. XXI, p. 250 a. Libanius, I, p. 18. Voy. Haase ad Xen., Rep. Lac, p. 83. Eunap., Vit. Sophist., (p. iOl) p. 73, et 'Synes., Epist. 56. Culte de Sarapis à Corinthe : Liban., I, p. 427. La Théorie des Athéniens à Délos : HiMER. (éd. Wernsdorf) Orat. IV, 10. Procession des Panathénées avec la trière sacrée et les riches liturgies des parlicuHers d'Athènes : HiMER., Orat. III, 12 sqq. Ephem. Archaeol., n° 2257. Rheiii, Mus., XXIII (1868), p. 54. 55. Mystères à Argos mentionnés dans Liban., I, p. 18. Mystères de Lerne : LmAN., I, p. 427. Philologus, Suppl.II (1863), p. 590 sqq. Mystères de Mithra à Thespies et Athènes : Eunap., V. S. (éd. Boissonade) p. 52. ScHÔMANN, Gr. Alterth.j II, p. 554; à Constantinople, Preller, Rom. Mythologie, p. 758 sqq. Le fanatique J. Firmicus Maternus, De errore profanar. religion, (éd. Bursian) p. 9, c. vi; p. 12 sqq. c. vu; p. 15 et 16, c. XI. xu, avait parlé avec colère vers 343, en outre des mystères d'Eleusis, de la continuation des mystères de Crète et de Thèbes en l'honneur de Dionysos et des Sacra des Gorvbantes. Mvstères grecs en Gaule : Ammian. Marc, XVI, 12, 25.
2) Sur la persistance des Éleusinies (cf. Schomann, Griech. Alterth., II, p. 383), voy. encore pour l'année 372 Bôckh, C. J. Gr., I, n° 372, où apparaît le dadouque Flavius Pompeius; cf. n" 190. Voy. de plus von L\saulx, op. cit. p. 84. Philol., Suppl. H (1863), p. 590 sqq. Leake, Demen von Attika, trad. Westermann, p. 151. Asterius, Homil. p. 193 c. Epiphanius, Adv. Hœres., III, p. 1092 a.
3} Priscus: voy. Eunap. Vit. Sophist, p. 48. Iphiclès : Ammian. Marcellin., XXX, 5, 8 sqq. et Julian, (éd. Spanhem.) p. 198.
*) Liban., Epist. 1179. Cf. Sievers, Bas Leben des Libanios, p. 18.