PRISCUS
notamment le prince Julien à l'hellénisme religieux. On sait que, depuis Jamblique, ce futTOrient avec l'Asie-Mineure qui devinrent le siège principal de la nouvelle école. On connaît assez le rôle que des hommes comme Sopater d'Apamée, Chrysanlliios de Sardes et Maxime d'Éphèse, jouèrent dans l'histoire, au milieu et dans la seconde moitié du iv° siècle. Le plus raisonnable de ces hommes fut peut-être l'intelligent iEdesios de Cappadoce (f 353 ap. J.-C), le plus considérable des disciples de Jamblique : ce fut du moins lui qui se tint le plus éloigné de la superstition sans bornes, du goût pour le merveilleux et de la tendance théurgique exagérée. Aussi son principal disciple. Priscus, un Grec épirote du pays des Molosses ou des Thesprotes^, réussit-il à prendre pied dans cette Athènes qui avait été de tout temps rebelle aux exagérations mystiques, lorsqu'il y vécut après avoir quitté l'école d'^]desios à Pergame \ Tout cela se passait avant l'avènement de Julien au trône. Après Feutrée de Julien à Constantinople, Priscus, sur l'invitation formelle de ce prince^ vécut auprès de lui jusqu'à sa mort'. Il alla ensuite enseigner à Athènes*. Le sombre rigorisme de cet homme , sa rude franchise, son amour de la vérité, ses manières imposantes^ quoique d'une grande simplicité, son antipathie pour la loquacité des philosophes qu'il poussait jusqu'à une réserve taciturne, tout cela en lit même pour les Athéniens une personnalité extrêmement
*) Sur la chronologie de ces néoplatoniciens, cf. Clinton, F. R., I, p. 363. 430 ?qq. Il, p. 307 sqq. Voy. aussi Bernhardy, op. cit. p. 636 sqq., 648 sqq. Zumpt, op. cit., p. 51 sqq. Sievërs, Studien, p. 236 sqq. Origine de Priscus : voy. Eunap., p. 48. Liban., vol. I, p. 435. Pour la deuxième partie du ivo siècle, Eunap., p. 120, mentionne le Lacédémonien Epigonos cooime successeur de Ghrysanthios.
2) Sur l'immigration de Priscus à Athènes, voy. Zumpt, loc. cit., p. 31 ; il ne s'y établit définitivement qu'après la mort d'^desios, placée par Clinton, F. R., I, p. 430 et 431, vers la fin de 355, et par Sievers, Studien zur Gesch. der rôm. Kaiser, p. 237, seulement après l'année 358. Priscus semble avoir déjà séjourné longtemps en Grèce dans la première moitié de la sixième décade de ce siècle. Eunap., p. 49. Après la mort d'iEdesios,le philosophe Maxime vécut aussi en Grèce jusqu'à l'élévation de Julien ; cf. ci-dessus, p. 268.
') CF. Ammian. Margellin. XXV, 3, 23. (Cf. Julian., Epist., III). Eunap., p. 56 à 58. Liban., vol. I, p. 435. 574.
*) Eu.NAp., p. 57 et 58. Zumpt, op. clt,, p. 53.