CARACALLA ET LES GRECS
appelées « libres et autonomes » n'en continuèrent pas moins de subsister pendant un temps assez long-^ jusqu'à ce qu'enfin les réformes profondes de l'époque de Dioclétien et de Constantin débarrassèrent aussi le terrain sur ce point.
Mais laissons ces considérations générales pour revenir enfin à la mosaïque des rares renseignements que nous avons sur les destinées de la Grèce après la fin de Septime-Sévère. Nous remarquons tout de suite que Garacallaa été pour longtemps le dernier empereur romain dont les sentiments et les intérêts personnels, en bien et en mal, aient eu encore une fois une influence appréciable sur les affaires de ce pays 2. Il
*) Cf. E. Kl'hn, Die stàdtische und hûrgerliche Vcrfassimg des Rômischen Reiches bis auf die Zeit Justinians, II, p. 30. Marquardt, Rom. Staatsverwaltuîig, P, p. 86. 212 sqq.
2) La pauvreté croissante de nos sources pour l'histoire particulière de la Grèce de ce temps ne nous donne guère de renseignements spéciaux sur les rapports personnels de Caracalla avec les Grecs. Récemment Dittenberger (dans l'Hermès, VII [1872], p. 224) a contesté énergiquement le rapport des jeux connus sous le nom de Philadelphia avec Caracalla et Géta (rapport que moi aussi [tome II, p. 426] j'avais accepté sur la foi de Bôckh) et réclamé cette fête pour les empereurs Marc-Aurèle et L. Verus. Cependant on voit par les inscriptions attiques que les Athéniens, fidèles à la vieille servilité des Hellènes de l'ère impériale, ont institué en l'honneur de Caracalla de nouvelles fêtes qu'ils célébraient avec la pompe habituelle à côté des anciennes Hadrianées, Philadelphies, Antoninées, etc. C'étaient les jeux dits Germaniceia, institués, suivant Bôckh, après l'an 213 ap. J.-C, année dans laquelle Caracalla avait ajouté à ses titres celui de Germanicus (Bockh, G. h Grœc., I, no 246, p. 359 sqq. comme aussi no» 282 et 283 ; ensuite Addejîd.y p. 910, no 274 6 ; et une inscription attique à Délos, II, no 2309, lig. 16, p. 246). — Rappelons aussi, après Clinton, Fast. Rom., II, p. 39, les inscriptions empruntées à Muratori (XX, p. 244, 6, de Thèbes, et XXIII, p. 248, 1, de Thyatire) dont la dernière célèbre Caracalla (outre les autres litres de sa maison et celui de « vainqueur de la mer ») sous les noms de Rritannicus et de Germanicus, et en qualité de « père de la patrie », et nous apprend que le sacerdoce et le culte de l'empereur vivant étaient florissants dans ce pays. — Les hommages rendus sur des médailles à Caracalla et à la maison de Sévère en général se trouvent naturellement partout, comme toujours, dans les pays de langue grecque ; mais le pays qui s*est alors le plus distingué en ce genre (voy. plus haut, tome II, p. 423), c'est le Péloponnèse, où nous citerons à ce point de vue des villes comme Mantinée, Megalopolis, Caphyae , Clitor, Orchomène, Héraea, Psophis, iEgion et Boura, Pylos, Thuria, Mothone et plusieurs autres (Curtius, Peloponnesos, I, pp. 227. 230. 268. 286. 381. 3S4. 400. 471. 487. 491. II, pp. 181. 196. 199. 324 sqq. Bursian, Geogr. GriechenL, II, p. 175). Médailles de Fulvia Plautilla provenant de la ville éleuthérolacone d'Asopcs : Wesselino