‹ Histoire de la Grèce sous la domination des RomainsChapitre 139 sur 227 · MÉCONTENTEMENT DES VISIGOTHS · texte numérisé non relu

MÉCONTENTEMENT DES VISIGOTHS

de la position présente faite à leur peuple. Beaucoup de chefs n'avaient accepté qu'à contre-cœur en 382 la paix avec Rome. Ce sentiment s'était fait jour à plusieurs reprises. Quoique la condition des Gotlis établis fut aussi libre que possible, beaucoup d'entre eux la considéraient néanmoins comme une sorte d'esclavage. Plus d'un reconnaissait qu'à la longue la nationalité gothique se dissoudrait lentement, mais irrésistiblement, et se fondrait dans le romanisme du temps. Quant aux soldats goths qui servaient dans l'armée romaine, ils voyaient clairement quelle haine les Romains et les Grecs nourrissaient contre eux. L'orgueilleux monde cultivé du Midi pouvait bien vivre sympathiquement avec tel Germain remarquable par sa beauté ou son intelligence ; il arrivait même que, par un caprice de mode, on adoptait le costume et les fourrures des Goths ; mais on ne pouvait pardonner à ce peuple les terribles coups qu'il avait portés à l'empire depuis 376, ni la catastrophe d'Andrinople. La fureur concentrée et la terreur qu'inspiraient les Goths à un peuple supérieur en civilisation, mais vieilli et devenu impropre au métier des armes, qui ne pouvait plus se passer de ces soldats étrangers et qui voyait journellement ces Goths détestés dans toutes les situations les plus hautes comme les plus humbles de la vie civile, cette fureur s'était fait jour souvent par des actes perfides ou sanglants. A cette haine des Grecs et des Romains pour les Barbares sans culture, les Goths répondaient p^r un orgueil plein de bravade et le désir à peine dissimulé de voir se renouveler le temps du duc Fritigern. L'énergie, la personnalité imposante^ la politique favorable aux Goths de l'empereur Théodose avait pu jusqu'ici éviter un éclat des hostilités. Mais au moment de sa mort et pendant les semaines qui suivirent, il n'y avait malheureusement pas sur le Danube et dans la presqulle du Balkan des forces suffisantes pour s'opposer à une explosion subite de l'énergie des Goths. La masse des troupes de campagne de l'empire d'Orient se trouvait en Italie depuis la guerre contre iVrbogast. Le ministre dirigeant à la cour d'Arcadius, Rufin, était parti pour un long voyage à Antioche. Et justement en ce moment, au milieu des Goths fédérés s'était révélé un homme jeune, le

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