ALA HIC
chef dont ce peuple avait besoin pour risquer une nouvelle passe d'armes avec les Romains et les Grecs.
Cet homme était Alaric, de la no^le famille desBalthes, qui depuis longtemps déjà avait acquis parmi les siens un renom glorieux et rang de prince '. x\laric était né dans l'une des années de 370 à 37o : grâce à sa naissance distinguée, il était bien connu parmi son peuple comme un noble, un chef de clan, et appartenait sans doute à ce parti qui ne supportait qu'avec peine la situation des Goths comme sujets de l'empereur romain.Lorsqu'enfmThéodoseramassa, pour la guerre difficile contre Arbogast, toutes les forces grecques, romaines et gothiques, Alaric partit aussi pour l'Italie. Malgré sa jeunesse, sa haute naissance l'avait fait officier romain, c'est-à-dire chef d'une bande gothique ^ Lorsqu'il fut renvoyé chez lui avec une division de troupes gothiques, probablement tout de suite après la mort du grand empereur ^, lorsqu'il vit l'émotion profonde produite par la mort de Théodose dans tous les cantons des Goths, des pensées ambitieuses s'élevèrent dans Fesprit du* courageux jeune homme ^ qui du reste avait regardé son congé comme une injure*. Appuyé sur la faveur de ses compatriotes, dont la rancune contre les Romains était prête à faire explosion, rancune qu'il entretenait sans doute activement lui-même, il voyait deux voies s'ouvrir devant lui. Peut-être lui serait-il possible d'arriver, comme plus d'un des siens, notamment Gaïnas, à un commandement supérieur dans l'armée romaine. C'était la voie pacifique. Mais si ce but ne devait pas être facile à atteindre, une autre voie lui était ouverte : c'était de recommencer à la façon de Fritigern la guerre nationale contre les Romains.
0 D'après Dahn, Die Konige der Germanen, fasc. V, p. 22 et 24 sqq.
«) ZosiM., V, 5, 5. Socrat'., VIII, 10. Cf. Dahn, op. cit., p. 21. 22. 25, qui a dépouillé la riche littérature des dissertations sur Alaric.
^) SiEVERS, Studien zur Geschichte der Rômischen Kaiser, p. 240 sq., est le seul qui conteste, avec des preuves insuffisantes, qu'Alaric ait conibattu en Italie et ait été congédié à cette époque; il admet qu'Alaric, après la chute d'Eugène et la mort de Théodose, a été simplement congédié avec une troupe de Goths, et qu'irrité, il a excité un soulèvement.
*) Cf. H.RicHTER, De Stilichone et Rufino, p. 27 sq. Cf. aussi, en général, KôPKE, A7if. des Kônigthums bei der Gothen, p. 123 sq.