CATASTROPHE DE LA GRÈCE
culière, est attribuée au fanatisme chrétien \ qui trouva dans les Goths des instruments terribles et toujours prels à frapper. La ville de Clitor, dans le nord de l'Arcadie, semble avoir été alors désertée pour toujours par ses habitants, qui s'étaient enfuis dans la monlag-rie voisine devant Tinvasion des Goths'. Enfin les Goths ont, sans aucun doute, commencé la destruction des plus précieux souvenirs sacrés et nationaux des Hellènes dans le Péloponnèse, en dévastant le splendide musée des monuments artistiques et historiques d'Olympie. Il est vrai que le grand temple de Zeus ne semble pas encore avoir été détruit alors^; mais sans doute le pillage et l'incendie ont anéanti pour toujours tous les objets précieux de ce sanctuaire du monde grec, et les Goths donnèrent leur terrible sanction à Tordre si dur de Théodose, qui avait interdit la célébration des fêtes olympiques*.
C'est de cette épouvantable façon que disparut pour toujours l'antique sérénité, la splendeur, la dernière floraison du pays des Hellènes. Chaque fois que, depuis l'époque de Mummius, la Grèce eut le fatal honneur de voir pour un moment son histoire se confondre avec la grande histoire de l'empire romaine, chaque fois les horreurs de la dévastation furent déchaînés sur ce malheureux pays. Mais jamais le peuple grec n'avait moins mérité son malheur que cette fois : jamais la catastrophe n'avait été aussi dure, aussi terrible que celle des années 39o et 396 ap. J.-C, avec laquelle prend fin sinon le dernier souffle de la vie antique, du moins l'histoire de la Grèce dans le sens le plus élevé du mot. Une autre considération encore nous fait paraître sous un jour tout particulièrement triste le spectacle de l'expédition des Goths en Achaïe. Lorsque les Athéniens de Démosthène furent réduits par la défaite de Ghéronée à devenir une puissance de troisième ordre, au moins ils avaient baissé pavillon devant
') CuRTiLs, Peloponnesos, I, p. 297.
-) CuRTius, op. cit., p. 381 sqq.
3) Cf. VON Lasaulx, Der Untergang des HellenismuSj p. 110. Finlay, p. 267.
^) Rathgebsr, Olympia, dans Encykl. Hall, p, 161. Gurtius, Peloponnesos, II, p. 16 et 96.