LE CHRISTIANISME EN GRÈCE
Ja plus grande ténacité. Ce qui nous prouve l'expansion relativement rapide du christianisme en Grèce depuis le commencement du v° siècle, c'est d'abord'le grand nombre de sièges épiscopaux grecs qui sont mentionnés dans les actes des grands conciles du v" siècle ; ce grand nombre de sièges fut peut-être aussi la cause de ces succès du nouveau culte. Ce n'est que beaucoup plus tard qu'il nous devient possible d'observer la refonte, pour nous servir d'un terme emprunté à la langue des monnayeurs^ à l'aide de laquelle un assez grand nombre de coutumes antiques et de cérémonies du culte (dans le sens le plus large du mot) ont continué de subsister sous une empreinte chrétienne, en partie même jusqu'à nos jours.
Si nous faisons abstraction des patriarches de la capitale de Constantinople, dont l'influence (pour ne pas parler de Rome) était contenue encore pour longtemps par l'importance de chefs d'églises comme ceux de Thessalonique d'un côté, d'Alexandrie, Jérusalem et Antioche de l'autre, le plus considérable de beaucoup parmi les évoques des provinces proprement dites de la Grèce européenne continuait d'être l'archevêque de Thessalonique^ qui était le métropolitain supérieur des évêques de la préfecture d'Illyrie et qui jouissait même en Occident d'une estime toute particulière. Lorsque l'évêque Bonosus de Sardique eut contesté la « constante virginité de Marie » et prétendu qu'elle avait eu plusieurs fils en dehors de Jésus, un synode de Capoue qui s'occupait de cette affaire en 391 résolut de renvoyer l'examen ultérieur et le jugement de la cause de Bonosus à ses voisins, les évêques de Macédoine, sous la présidence de leur métropolitain Anysios, à Thessalonique*. A côté de Larissa, depuis longtemps siège
') Cf. Hefele, Conciliengeschichte, II, p. 49. Le Quien, 07ncns Christicmus, II, p. 32. Pour ce qui est de la situation ecclésiastique de Thessalonique, son importance a été la conséquence de causes différentes. Jusqu'à Constantin le Grand, la communauté chrétienne de Thessalonique était beaucoup plus considérable que celle de Byzance ; elle n'était sans doute égalée en Macédoine que par celle de Philippes, dont l'évêque était aussi revêtu de la dignité de métropolitain et représenta à plusieurs reprises l'archevêque de Thessalonique dans les conciles du v^ siècle. Il est vrai que, jusqu'au temps de Théodose le Grand et jusqu'au partage de l'empire, l'archevêque de