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LE SYNODE DE CORINTHE

central et renommé de la Thessalie, et à côté de Patra?, c'est l'église et le siège episcopal du métropolitain de Corinthe qui jouissait d'une situation privilégiée dans la Grèce proprement dite. C'est à Corinthe que se tint en 419 un synode qui ne manqua pas d'importance ; cet épisode est pour nous comme une oasis — au point de vue ecclésiastique — dans le désert de l'histoire grecque du v*' siècle. En effet, il y avait dans l'église de Corinthe, exerçant les fonctions de prêtre, dans les premières années de Théodose II, un certain Périgène, homme respecté pour sa moralité et ses hautes facultés. Le siège episcopal de Patrse étant devenu vacant, cet homme fut sacré évêque de la ville par l'évêque de Corinthe, alors métropolitain d'Achaïe ; c'était peut-être Alexandre. Mais comme la communauté de Patrae protestait contre cette nomination, Périgène aima mieux rester tranquillement à Corinthe. Lorsque son protecteur l'évêque mourut, sa propre église voulut lui conférer l'évêché de Corinthe. Et comme ce passage à un nouveau siège d'un évêque déjà consacré pour une autre église était contraire à la tradition ecclésiastique, on convoqua dans l'Isthme un synode, composé sans doute des évêques d'Achaïe; ce synode décida qu'il fallait se rendre aux désirs de l'église de Corinthe. Boniface P"", évêque de Rome, à qui on s'adressa dans cette affaire (en effets à cette époque, l'autorité de l'évêque de Rome dans la préfecture d'Illyrie contre-balançait encore celle des patriarches d'Alexandrie et de Constanti-

Sirmium fut le métropolitain supérieur de la préfecture d'Illyrie. Mais lorsque, dans la suite, Sirmiumfut attribué à l'empire d'Occident, si hostile à l'Orient depuis Rufin, et lorsque Thessalonique devint le siège permanent (cf. ci-dessous) de la préfecture d'Illyrie, la domination spirituelle passa de même aux princes de l'église de Thessalonique. Jusqu'à Justinien ]''^ (v. cidessous), Thessalonique put se maintenir dans sa supériorité, même contre les patriarches de la capitale sur le Bosphore : ce fut surtout possible parce que les archevêques de Thessalonique cultivaient avec zèle les rapports avec les évêques de Rome, accueillaient avec empressement leurs prétentions papales et s'habituaient à figurer dans l'Orient grec comme les légats ou les vicaires des papes ; cf. Tafel, De Thessalonica, p. 46 à 49, qui remarque (p. 47) que Théodose II a conféré l'immunité aux archevêques de Thessalonique et à leur église; voy. la loi d'octobre 424 dans God. Theodos., XI, 1 (De annona et tnhutn), 33. L'archevêque Anysios de Thessalonique eut pour successeur Rufus (v, ci-dessous), dont l'épiscopat est placé seulement après 410 environ par Le Quien, Oriens Christianus, II, p. 31-33.

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nople), approuva complètement l'élévation de Périgène sur le siège de Corinthe. Comme les évoques de Thessalie élevèrent des objections, lorsque notamment ils réclamèrent une décision par un plus grand synode (probablement par tous les évêques du diocèse de Macédoine), l'évêque de Rome repoussa leur proposition, et chargea le vieil archevêque Rufus de Thessalonique d'examiner de nouveau la question avec quelques évêques choisis. Le siège de Rome sut aussi faire échouer une tentative du patriarche Atticos de Constantinople pour placer l'Église grecque sous son sceptre, en se mêlant de cette affaire avec l'aide de l'empereur Théodose II. Périgène resta évêque de Corinthe, sans être troublé davantage dans sa possession *.

Quoique nous ne soyons pas en état de suivre pas à pas le développement ecclésiastique en Grèce, nous apprenons pourtant par les actes du troisième grand concile œcuménique d'Ephèse (du 22 juin à septembre 431) que, pour ne parler ni de la Macédoine, ni des nombreux sièges anciens et nouveaux des pays grecs voisins de la capitale de l'empire, sur la côte occidentale et les îles du littoral de l'Asie-Mineure, où nous trouvons maintenant aussi un évêque pour Ténédos % — nous apprenons, disons-nous, que le nombre des anciens sièges épiscopaux en Crète, en Achaïe> en Thessalie, en Epire et sur les îles, s'est augmenté d'une manière considérable. Indépendamment de la Macédoine et de Thessalonique, dont l'archevêque Rufus se fît représenter àÉphèse par Flavianus de Philippes, nous voyons figurer pour la Thessalie le métropolitain de ce pays, l'évêque Basilios de Larissa, Pausianos d'Hypata, Secundianus de Lamia, Dion de Thèbes phthiotique, Théodore d'Echinaeos (ou Echinos en Phthiolide), et Maximus de Demetrias. De l'Épire, nous trouvons Eucharios de Dyrrhachion, Théodore de Dodone et Donatus de Nicopolis, ce der-

. *) Tout cela d'après Mansi, Concil. collect., IV, p. 435. Voy. Socrat., VII, 36. 40, et Le Quien, Orîens Christianus, I, p. 23 sqq. II, p. 160 et p. 9 sqq. Mais Rome, dans la suite, déjoua résolument une tentative de Périgène pour braver l'autorité de rarclievèque de Thessalonique (II, p. 160 et I, p. 24 sqq.).

'-) Cf. Harduin, Collect. Concil., I, p 1351. 1579.

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nier maintenant métropolitain de l'ancienne Epire, comme Tévêque de Dyrrhachion occupait la môme situation pour la nouvelle Épire. L'Achaïe, outre son métropolitain Périgëne de Corinthe^ avait envoyé les évoques Ag-athocle de Corone, Domninus d'Oponte, Anysios de Thèbes, Callicrate de Naupacte, Nicias de Mégare. De Crète, où le christianisme faisait alors de grands progrès, notamment parmi les juifs, étaient venus les évêques de Gortyne (métropolitain), de Gnosse, de Lampa et de Cherronesos, tandis que les Iles (où l'évêque Jean de Lesbos présidait aux villes de Mitylène, de Méthymne et de Pordosélène ou Prosélène) avaient envoyé Hellanicos de Rhodes et Hesychios de Paros (dont le successeur fut Athanase) \ Nous ne savons pas pour quel motif on ne nomme pas les représentants spirituels de localités aussi considérables que Sparte , Patrae et Athènes au concile

*) Cf. Tiolamment les statistiques dans Le Quien, Oriens Christianm, II, p. 103 à 274. Mansi, op. ctï.,IV,p. 1123 sqq. 1211 sqq. et 1363 sqq., comme aussi p. 1215. 1270 (et V, p. 714), et Harduin, I, p. 1351 sqq. 1425 sqq. 1528 sqq. 1578 sqq. Une liste plus courte de noms et de sièges d'évêques grecs qui prirent part aux conciles et synodes du v^ siècle est donnée aussi par Wesseling (éd. Bonn, ad Hierocl, Synecd.), où sont cités pour le concile d'Épiièse, en dehors de Thessalonique, l'évêque Théodore d'Echinaeos (p. 416. ad p. 391), de plus l'évêché de Thèbes en Béotie (p. 421 sq. ad p. 392), comme aussi Corinthe, siège métropolitain (à côté duquel, p. 425, Patrae est nommé aussi comme siège d'un métropolite, naturellement à titre honorifique, avec le droit pour cet évêque d'avoir le pas sur les autres suffragants de la province). Pour la Crète, p. 427. 428, les évèchés de Lyttos et de Subritos, ainsi que Gortyne. Pour l'Épire sont mentionnés aussi ici le métropolitain de Nicopolis et Théodore de Dodone. L'évêque des Achéens, Cyrus, mentionné dans Mansi, loc. cit., dans une version douteuse, nous paraît très discutable, à moins que ce ne soit un évêque de Patrœ. L'évêché de Théoctistos, Césarée en Thessalie (Harduin, p. 1351 sq.), doit être cherché sans doute dans la ville nommée par Procop., De œdif., 4, 3. L'évêché des montagnes boisées thessaliennes ou thessaloniciennes de Perrhebios, dans Mansi et Harduin, ibid., est cherché dans Pharsale par Wesseling, p. 417 (ad p. 391), ainsi que par Le Quien, II, p. 116. Wesseling, p. 418, nomme aussi, au deuxième concile de Nicée, qui eut lieu beaucoup plus tard, pour les îles thessaliennes, l'évêque Ruben de Scopelos ; comme aussi [ad p. 395], p. 481. i83, l'évêché de Mélhymne, de même que Mansi, p. 1123 sqq., cite pour Éphèse l'évêque Jean de Proconnèse. Socrat., VH, 36. (Pour les nouveaux chrétiens juifs de Crète, voy. Sochat., VII, 38. Sur la Crète en général, voy. Le Quien, II, p. 255 à 274). Enfin on n'est pas certain que les évêchés de Corone et de Coronée dans Le Quien, II, p. 193 sqq., ne soient pas identiques.

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