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porter à ces derniers un coup qui pouvait devenir mortel. Heureusement pour les Athéniens, Caracalla, qui, dans sa décision pour les Eordéens et co^ntre Philiscos, avait été encore influencé par sa prédilection marquée pour les Macédoniens (voy. ci-après), ne prit^, selon toute apparence, sa menace au sérieux que vis-à-vis de Philiscos. Efl'ectivement, ce dernier exerça son professorat pendant sept ans sans jouir de l'atélie *. Caracalla avait, du reste, moniré à plusieurs reprises que les sophistes pouvaient aussi se tirer d'affaire avec lui, pourvu qu'ils s'entendissent à le traiter comme il fallait. On n'avait certes pas à s'étonner si le sophiste Antipater dlliérapolis ne fut pas, en délinilive, une personnalité agréable à l'empereur. Cet homme distingué avait été formé principalement à Athènes ; l'empereur Septime-Sévère l'avait ensuite appelé à sa cour et placé à la tête de la chancellerie grecque (cf. tome II, p. 56), qu'il semble avoir dirigée notamment depuis Tannée 198 (peut-être même depuis 196 déjà). Il avait su bientôt s'attirer une grande considération à la cour de cette nouvelle dynastie. Sévère lui-même voyait, avec satisfaction que sa vie si mouvementée et sa longue carrière de guerrier devinssent le sujet d'une œuvre historique de la plume de cet habile écrivain. Le tact incomparable avec lequel Antipater écrivait au nom de l'empereur les lettres et les dépêches destinées aux provinces grecques excitait l'admiration générale. Il n'est donc que naturel que cet homme, à qui fut confiée, pour une part considérable, l'éducation et l'instruction supérieure des fils de l'empereur, ne restât pas sans influence sur les décisions impériales dans les affaires qui regardaient les professeurs académiques du monde grec. Mais ce qui mérite tout notre respect, c'est que ce même Antipater mit sa vie en enjeu, lorsque, après le meurtre de Géta (février 212), il adressa directement à l'impérial assassin les plaintes les plus amères sur la victime et le sanglant attentat. Caracalla, qui vengeait dans le sang toutes les autres plaintes sur son frère assassiné, n*a pas osé punir par le glaive la hardiesse de son ancien maître ; mais, depuis ce moment, il évita l'ancien chef de sa chancel-
1) Philostrat., op. cit. y II, 30, 1, p. 622 init.