ATTILA ET LES HITNS
certainement sur la Grèce elle aussi de fâcheuses conséquences, ce malheureux pays était néanmoins, comme nous l'avons vu, en voie de se refaire jusqu'à un certain point sous Théodose II. Mais ses efforts, non moins que ceux que dut faire le gouvernement impérial en faveur de TAchaïe, furent paralysés par un tour nouveau que prit l'histoire du monde après 440 et qui fit courir à tout l'empire romain les plus graves dangers. Car parallèlement aux violentes luttes dogmatiques, nous voyons les ennemis barbares de l'empire faire des progrès à pas de géant. L'établissement définitif des Vandales (à partir de 439) sous le roi Genséric (Geiserich) en Afrique et à Carthage mit les côtes méridionales de l'Occident dans un état de blocus permanent, et devint bientôt une terrible menace pour la Grèce. De plus, l'avènement du terrible roi des Huns, Attila, d'abord avec son frère Bleda (depuis 434), puis comme seul souverain de son peuple sauvage (depuis 445), et bientôt comme le créateur d'un immense empire du Nord, exerça une pression terrible sur l'empire byzantin. Sans doute, les cruelles dévastations exercées par les Huns (qui dès avant Attila étaient des voisins incommodes sur la frontière septentrionale de l'empire), dans une suite d'incursions dans les pays au sud du Danube à partir de 441, ne furent pas immédiatement un danger pour les provinces grecques de la presqu'île du Balkan». L^effort principal des guerres d'Attila était toujours dirigé vers le Bosphore. Or Théodose II avait considérablement augmenté la force de résistance de sa capitale en établissant à partir de 439 une muraille colossale s'avançant du côté do la terre vers l'ouest, et des retranchements considérables sur la côte \ Mais cela
*) Le passage de Marcellin., p. 288, pour l'année 447, d'après lequel Attila aurait pénétré alors « usqiie ad Thermopolim » était autrefois et est encore quelquefois appliqué aux Thermopyles. Par contre, Zinreisen, p. 64-9 sq. et HoPF, Griechenlandim Mittelalter, p. 75 sqq. ont démontré que cette interprétation est insoutenable, et qu'il faut chercher plutôt Thermopolis dans une des provinces septentrionales de l'empire, près du Balkan.
*) Cf. Chronic. Pasgh., p. 583 et 717. Voy. encore Zosim., II, 35, 3. Ce- DRENus, p. 598 sq. Theophan., éd. Bonn. p. 148, et Hopf, op. cit., p. 75. Il est vrai que les nouvelles murailles furent fortement endommagées dans la suite par un terrible tremblement de terre en 447, mais on les restaura
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n'empêcha pas les pays de la Chersonese d'être cruellement dévastés en 442 et en 447 \ Et comme la conduite de la guerre par les Rhoméens fut misérable, comme la politique du ministre Chrysaphios ne fut que rusée et intrigante, mais rien moins qu'heureuse, les Byzantins sévirent forcés, notamment après l'année terrible de 447, d'acheter de nouveau la paix aux Huns au moyen de sommes énormes, qu'il ne fut possible de se procurer qu'aux dépens des provinces odieusement pressurées.
Ce ne fut enfin que lorsque l'empire byzantin reprit quelque vigueur, d'abord sous l'éminent empereur Marcien, à partir de Tété de 450, puis surtout sous Juslinien I", que des dangers immédiats menacèrent peu à peu la Grèce. Il est vrai que la paix continua d'y régner tant que Marcien régna. On était en bons rapports avec Genséric, et on sait que depuis l'avènement de Marcien, Attila se désintéressa de l'Orient, pourporter
bientôt au prix de travaux énormes (Chronic. Pasch., p. 586. Evagrius, I, 17, et Marcellin., p. 288. Nicephor., H. E., XIV, 46. Parmi les contemporains, voy. notamment Priscus, fragm. 43 dans C. Muller, Fr. Hist. Grœc, IV, p. 110, d'après lequel l'Hellespont, l'Ionie, Cnide, Cos et les Cyclades éprouvèrent de grands dommages; à moins que ce tremblement de terre de Priscus ne tombe dans le temps des luttes entre Léon l^^ et les princes ostrogoths ou hunniques). Les murailles de la capitale furent, d'après Marcellin., op. cit., restaurées en trois mois.
*] Prisci /raym. n° 5 (dans C. Muller, op. cit., p. 74. Dindorf, p. 282). Theophan., éd. Bonn. p. 159. Hopf, p. 75. Sievers, Studien, p. 429. Le tremblement de terre de 447 avait aussi ruiné les vieilles murailles (Zosim., V, 21, 1) qui protégeaient la Chersonese. Evagr., I, 17. C'est dans ce temps que le siège de la préfecture d'Illyrie fut transporté de Sirmium. intenable en face des Huns, à Thessalonique. Novell. Justin., XI. Tafel, De Thessalonica, p. 38 sq. Sievers, Studien, p. 429. Sous Théodose II, les préfets d'Illyrie ont de nouveau résidé pendant longtemps à Sirmium. On peut admettre ou bien que, grâce aux rapports particulièrement bons qui s'établirent entre les deux empires à la suite de l'intronisation par Théodose II de Valentinien III comme empereur en Italie (en 425), l'ancienne situation ait été tout naturellement rétablie, — ou bien que Sirmium et une partie de la Pannonie aient appartenu à ces cantons illyriens que Valentinien III céda aux Romains orientaux en 424, en reconnaissance pour les secours fournis en partie, en partie à fournir encore contre l'usurpateur Jean; cf. Gibbon, p. 1103. Booking, Notit. Dignitat., II, 1, p. 141. Pall- MANN, I, p. 220. Sievers, Studien, p. 461 sq. Seulement, la Pannonie ne fut reprise aux Barbares par les Romains qu'en 427 (cf. Hopf, op. cit. p. 74. Sievers, Studien, p. 427 et 457. Marcellin., p. 282. Clinton, I, P-