‹ Histoire de la Grèce sous la domination des RomainsChapitre 165 sur 227 · LES ] SAURIENS · texte numérisé non relu

LES ] SAURIENS

derniers temps des bandits redoutés dans l'Asie Mineure, la Cilicie et la Syrie ; même après que récemment on les eut gagnés aux intérêts romains orientaux, ils ne surent pas conquérir la sympathie des Grecs et des Romains. Depuis les dernières années de Théodose II, les hommes d'Etat de l'empire romain d'Orient, récemment encore les empereurs Léon I" et Zenon lui-même, avaient travaillé avec ardeur et succès à créer une armée nationale à côté des armées gothiques, qui devenaient de plus en plus incommodes et dangereuses. On attira donc au service impérial des Isauriens en masse : mais quoiqu'ils fussent d'excellents soldats, ils déplurent décidément, notamment dans la capitale, par leur extérieur, leurs coutumes, par tout leur caractère national. Ajoutons à cela que l'uniforme impérial lui-même ne put pas toujours avoir raison du banditisme inné de ces montagnards. Il arriva, entre autres, qu'un détachement isaurien, nouvellement enrôlé sans doute au service de Zenon et en route pour Constantinople, à l'arrivée des navires qui le portaient devant Rhodes, ne put pas résister à la tentation de se livrer dans cette ville (en 469 ou 470) à des scènes de tuerie et de pillage, et dut être repoussé vers les vaisseaux par la garnison, obligée de se servir de ses armes. Ces mêmes sauvages essayèrent dans la suite, sans doute dans la capitale elle-même, de piller les boutiques des marchands, méfait que le peuple châtia à coups de bâton dans une rixe terrible ^ Les Byzantins reportèrent sur le nouvel empereur Zenon l'antipathie qu'ils avaient pour ses compatriotes. C'est ainsi qu'il fut possible que dès novembre 475, Zenon, sérieusement brouillé avec la famille de son beau-père défunt, vit éclater d'abord à Périnthe, puis à Constantinople un soulèvement qui, appuyé par d'influents généraux goths, le força à s'enfuir en Asie Mineure et enfin en Isaurie. Il s'ensuivit un épouvantable massacre des Isauriens dans la capitale et l'élévation au trône de ce déplorable Basiliscos, qui était le frère de la puissante impératriceveuve Verina. Le court règne de cet usurpateur fît époque à

*) Cf. JoANN. Antiochen., frcigm., n" 206 (dans C. Mijlleb, IV, p. 616) et SiEVERS, Studien, p. 497.

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