LES BULGARES
slavisé dans les pays frontières de Ja Thrace, qui n'étaient plus couverts par la masse des Ostrogoths (depuis 493), que commencèrent contre le sud-est de l'Europe les mouvements de l'invasion tataro-slave, qui eurent une influence si considérable sur toute l'histoire ultérieure du monde grec européen. Comme les forces de l'empire jusqu'en 497 étaient absorbées par la lutte avec les Isauriens révoltés, et de 502 à 505 par une guerre difficile avec les Perses, et comme Anastase, se défiant de l'ambition des généraux, aimait à disséminer ses forces militaires d'une manière dangereuse, on ne put opposer longtemps qu^une résistance très insuffisante au mouvement des Bulgares en ïhrace et en Illyrie. Les incursions de ces bandes de brigands sanguinaires, qui prirent, notamment en 499 et encore plus à partir de 502, un caractère redoutable, s'étaient dirigées de préférence vers le Bosphore. Aussi de 507 à 512 Anastaso protégea- t-il les riches environs de Constantinople à l'O. par l'érection d'un mur colossal flanqué de tours nombreuses, qui s'étendait jusqu'à 280 stades ou 53 kil. à l'O. de la capitale, sur une longueur de 420 stades ou 79 kil. de Selybria sur la Propontide à Derkon sur la Mer-Noire, et dont la construction fut célébrée par les contemporains, du moins par les panégyristes de l'empereur, comme une nouvelle merveille du monde \ Il n'est pas improbable qu'Anastase ait songé aussi alors à augmenter les moyens de défense de la Grèce. Car sous son règne, semble-t-ir, le comte Diogène fils d'Archelaos, un officier qui s'était distingué dans la guerre dlsaurie, alors sans doute général commandant en Achaïe, reçut la mission de rétablir
*) Procop., Be œdif., IV, 9. Progop. Gaz., Faneg. in Anmt. (éd. Bonn.) p. 510 sqq. Evagr., III, 38. Chronic. Pasgh., p. 610. 717. Suidas, p. v. Anastasius. Zonar., XIV, 4 fin., p. 58. Nicephor. Callist., XVI, 39. Clinton, I, p. 722. 724. HoPF, op. cit. p. 79. Cf. la peinture des Bulgares dans Amédée Thierry, Attila et ses successeurs, II, p. 41 (trad. Ed. Burckhardt) et TiRACEK, Gesch. der Bulgaren, p. 81 sqq.
^) Le fait est connu par l'inscription dans Bôckh, C. J. Gr., IV, no 8622, p. 292 (cf. I, n° 1081, p. 569), où il est placé à tort dans le règne de Zenon. HoPF {Griechenl. im Mittelalter, p. 81 et 88) veut faire honneur de la construction de Diogène au temps de Justinien I*"*. Finlay (p. 168) la place avec raison dans le temps d'Anastase.