‹ Histoire de la Grèce sous la domination des RomainsChapitre 170 sur 227 · LE CHRISTIANISME · texte numérisé non relu

LE CHRISTIANISME

Fextinction de la dynastie espagnole. Caries grandes questions de la politique étrangère, l'Italie, TAfrique, les difficultés créés par les Goths, les revers en Isaurie et en Perse, enfin les incursions des Bulgares et la reconstitution d'une armée romaïque depuis Léon I", avaient absorbé toute l'attention et les ressources des empereurs. Ajoutons à cela que depuis le règne de Zenon les luttes dogmatiques^ au sein du christianisme, avaient pris un caractère de plus en plus aigu. Malgré cela, les empereurs n'avaient pas négligé de prendre des mesures législatives contre le paganisme. L'empereur Léon I", qui renouvela en 467 les lois sévères du premier Théodose contre les sacrifices et les cultes païens, fut l'auteur de la première loi qui condamnait à mort ceux qui, convertis au christianisme, retournaient au paganisme*. Et Zenon, pendant le petit nombre d'années tranquilles de son règne, trouva encore le temps de concevoir et d'exécuter de nouvelles mesures pour refouler le paganisme autant que possible'. Les efforts de cet empereur eurent pour résultat que, notamment dans le Péloponnèse, de nombreuses familles encore païennes, sous l'influence de menaces et de promesses de toute nature^ reçurent le baptême avec leurs esclaves ^ La puissance intrinsèque de résistance de l'hellénisme avait aussi beaucoup diminué en Grèce. La force de l'inertie, des anciennes habitudes, la ténacité de la race grecque, jointe à une ruse souvent heureuse qui achetait à prix d'argent de plus d'un gouverneur indulgent de Gorinthe la tolérance tacite pour les

^) Cf. CoD. Justin., I, 11, 10. Finlay, p. 165. von Lasaulx, Der TJntergang des Hellenismus, p. i38 sqq.

*) Fallmerayer, Gesch. von Morea, I, p. 137; un examen altentif nous fait voir, à la vérité, qu'il s'agit moins de lois générales ou d'édits que de mesures de fait (comme déjà sous Léon P"", cf. ci-dessous, p. 428, 1), des accusations criminelles contre des hommes suspects au point de vue politique, accusations où la magie et leur paganisme parfois dissimulé jouent en réalité le rôle principal ; comme une pression brutale et des menaces pour amener les gens à se faire baptiser; comme aussi la défaveur qui frappait les païens, notamment dans la capitale. Cf. von Lasaulx, Der Untergang des HelleniS' muSy p. 138 sqq. 140 sqq. Fallmerayer raconte encore, loc. cit., que Zenon a fait dans la douzième année de son règne (485) un voyage dans le Péloponnèse ; j'ai beau chercher dans toute la littérature ancienne une indication de sources favorable à cette affirmation, je n'en trouve pas.

') Fallmerayer, loc, cit., sans indication spéciale de sources.

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