ATTENTAT DE LONG IN A PAG.E Ï
manière irrésistible. De dizaine en dizaine d'années, le christianisme gagnait du terrain ^ Le temps était proche où un coup brutal de la main d'un empereur fanatique allait enlever à l'esprit antique son dernier refuge, même en Achaïe. Coup semblable à celui par lequel en 520 l'empereur Justin I" avait mis fin, à Anlioche de Syrie, aux jeux olympiques qui y étaient encore célébrés".
Si seulement la mort de l'esprit antique avait servi partout au triomphe de la morale chrétienne I Mais les Grecs purent voir plus d'une fois l'abîme qui séparait l'idéal de la réalité ; heureusement que ce ne fut pas toujours par des faits aussi odieux que celui qui eut lieu dans une des dernières années du règne de l'empereur Zenon. Un des frères de ce prince isaurien, Longin^ avait (après 483) entrepris un voyage officiel dans le Péloponnèse. Ce prince, homme immoral et méprisable de toutes façons, vint à passer dans la petite ville de Pagse ou Pegae en Mégaride, située dans une contrée pittoresque sur le rivage montueux du golfe Alcyonique (à l'est du cap Holmiaî). Il y avait là un couvent de religieuses grecques. Or Longin se livrant, comme d'habitude, aux excès de la table apprit des compagnons et procureurs de sa vie de débauche qu'il y avait dans ce couvent un grand nombre de jeunes filles fort belles. Le libertin se hâta d'aller présenter ses hommages aux nonnes en les comblant de cadeaux de toute espèce, particulièrement de vêtements et des friandises de sa table. Puis il pénétra dans l'enceinte consacrée et força, à moitié par violence, la plupart de ces vierges à se livrer à ses désirs de brute \
*) Il est vrai que nous ne pouvons suivre ce progrès en détail et systématiquement : des ruines de l'histoire de cette époque émergent cependant quelques petites indications isolées; ainsi la mention d'églises chrétiennes à Théra et des inscriptions correspondantes, voy. Bôckh, C. 1. Gr., IV, p. 307 sqq., n° 8656 sqq. , d'Astypalée, p. 309, où le no 8657 nous donne les rôles de contribution foncière de cette île au v^ siècle. Mentionnons encore dans GijRTius, PeloponjiesoSy II, p. 183, l'évêché de Christianopolis fondé alors sur le rivage de Pylos; l'attribution du sanctuaire d'Isis sur la presqu'île de Methana au culte de la Panagia (p. 442), et la transformation du temple d'Asklepios à Thelpusa en église de Saint-Jean (I, p. 370).
«) Malalas, XVII, p. 417. Clinton, Fast. Roman., I, p. 738.
^) Cette histoire est racontée dans Suidas (s. v. Longinus)\ elle est, sur