RUPTURE AVEC THESSALONIQUE
de la Grèce, prit très énergiquement parti contre Thessalonique et poussa avec d'autant plus de force vers Rome qu'à Constantinople on espérait gagner en puissance par cette rupture entre Thessalonique et le siège papal. A la tête de l'opposition orthodoxe de la Grèce se plaça l'ancienne Epire. Tandis que dans l'Épire de Dyrrhachion l'orthodoxie chalcédonienne était refoulée depuis le temps d'Acace, elle prit dans l'ancienne Epire un nouvel essor vers la fin du règne de l'empereur Anastase, quoique, pendant assez longtemps, on se fût soumis de fait aux volontés de l'empereur. Dès 515, quarante évêques d'IUyrie et de Grèce se séparèrent collectivement de l'archevêque de Thessalonique et envoyèrent des délégués à Rome pour assurer par écrit le Siège papal de leur attachements Les Epiroles agirent encore avec plus d'énergie. En effet, lorsque le métropolitain Alcyson de Nicopolis mourut à Constantinople, lors d'un voyage provoqué par l'empereur, et que Jean devint son successeur par une décision du synode provincial de FÉpire, ce prélat ne voulut pas recevoir la consécration de l'archevêque hérétique de Thessalonique, qui était alors Dorothée. Et le nouveau métropolitain de Nicopolis envoya le diacre Rufin au pape Hormisdas pour l'assurer de son orthodoxie imperturbable, anathématisa le patriarche de Constantinople et se mit complètement à la disposition du pape. Quant au synode, composé de sept évêques, il adressa une lettre au pape pour demander qu'il reconnût Jean : toutes ces démarches furent naturellement accueillies par Hormisdas avec beaucoup de faveur K
Anastase resta inébranlable en dépit de tout. La révolte de Vitalianus, en 514, le força pourtant à une concession momentanée, car il essaya de rétablir la communion avec Rome qui,
^) Theophanes, p. 250. Hefele, Conciliengeschiclite^ II, p. 653. Mansi, Concil. collect. y VIII, p. 537.
2) Harduin, Act. Concil., II, p. 1027-1031. Mansi, Concil. coll., VIII, p. 401-408. Voy. Hefele, Conciliengeschichte^ II, p. 653 à 655. Mort d'Aicyson à Constantinople : Marcelltn., Chron., p. 314. Evagr., III, 31. Sur celui-ci, voy. encore Niceph. Gallist., XVI, 29 et 30. Sur tous ces événements et sur des scènes violentes contre les orthodoxes à Thessalonique, qui en furent sans doute la conséquence en 517, voy. encore Le Quien, II, p. 16 sqq. 37. et 135 sqq.