‹ Histoire de la Grèce sous la domination des RomainsChapitre 178 sur 227 · JUGEMENT DE SYNÉSIOS SUR ATHÈNES · texte numérisé non relu

JUGEMENT DE SYNÉSIOS SUR ATHÈNES

place que l'éloquence académique avec ses grâces vieillottes, au milieu des préoccupations sérieuses d'une époque occupée de la solution des plus grandes questions morales et intellectuelles — devaient évidemment, tout en n'excluant pas les recherches d'une philosophie sérieuse, arriver peu à peu à détruire dans sa racine l'ancienne importance d'x4thènes. La rhétorique du temps * commençait justement alors à dégénérer en une technique scolastique de plus en plus sèche et morte et en un vil métier sans beauté et sans élan. Néanmoins l'Université d'Athènes sut trouver la voie qui devait la conduire à une gloire nouvelle.

Il est vrai que l'institution athénienne de l'éphébie était depuis longtemps abolie ^^ que le nombre des étudiants avait diminué depuis la persécution du paganisme par ïhéodose I", et que l'invasion d'Alaric força sans doute l'Université à se disperser en grande partie les années suivantes. Mais le nom d'Athènes avait encore tant de prestige, c'était encore un privilège si glorieux d'avoir étudié à Athènes, que l'essaim dispersé des universitaires d'Athènes doit bientôt arriver à se retrouver réuni. Un des observateurs les plus clairvoyants de son siècle au temps d'Arcadius — ce spirituel philosophe néoplatonicien, plus tard évoque, Synésios de Cyrène,qui prétendait descendre par Eurysthène des Héraclides de Sparte ^ — nous raconte que de son temps encore (il était né vers 375) un voyage à Athènes était chose presque indispensable pour un jeune Grec qui avait fait ses études. Et ce n'est pas sans malice et sans irritation qu'il parle des orgueilleuses prétentions d'hommes connus de lui, qui avaient étudié à Athènes et qui posaient ensuite « comme des demi-dieux au milieu de mulets, parce qu'ils avaient vu TAcadémie, le Lycée et la Stoa de Zenon, quoiqu'ils ne se distinguassent en rien des autres

*) Cf. Bernhardt, Griech. Litteratur, I, p. 635 sq. 639. R. Volkmann, Synesius von Cyrene, p. 135 sqq.

2) Wachsmuth, Die Stadt Athen, p. 719, note 4.

2) Synes., Epist. (éd. Paris) 57, p. 177, eiEpist, 113, p. 418. Cf. Catast., p. 302. 303 A. Hymn., V. 37 sqq. Voy. encore W. Moller dans Herzog, fi. Enc. fur. protestant. Theolog., XV, p, 335, et R. Volkmann, Synesius von Cyrene, p. 93. 105. Sievers, Studien zur Geschichte der Rom. Kaiser, p. 373 sq.

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