‹ Histoire de la Grèce sous la domination des RomainsChapitre 179 sur 227 · JUGEMENT DE SYNÉSIOS SUR ATHÈNES · texte numérisé non relu

JUGEMENT DE SYNÉSIOS SUR ATHÈNES

mortels, du moins pour ce qui était de l'intelligence d'Aristote et de Platon * ! » Avec cette manière de voir et cette double tendance à des espérances exagérées et à une critique acerbe, il n'est pas étonnant que Synésios ait été très désappointé lorsqu'il visita la ville de Pallas, quelques années après l'expédition d'Alaric en Grèce*. Les conséquences matérielles et morales de la guerre des Goths n'avaient pas suffisamment été effacées dans la ville et dans le pays. Synésios peut, du reste, avoir fait d'autres observations qui lui auront enlevé ses illusions sur la gloire de la ville et de l'Université. C'est ainsi que, dans un moment de très méchante humeur, il a pu écrire à son frère la lettre fameuse dans laquelle^ il maudit le capitaine du navire qui l'a conduit à Athènes ! « Car Athènes, dit-il, n'a gardé de son ancienne splendeur que de vains noms, mais la philosophie elle-même l'a abandonnée. Autrefois, sans doute, elle a été la patrie et le foyer des sages, mais aujourd'hui elle n'est célèbre que pour ses marchands de miel I » Bref, dans son humeur irritée, il compare Athènes purement et simplement à la peau vide et dépouillée d'un animal offert aux dieux et dévoré !

Le ton de toute cette lettre nous montre clairement que Synésios n'a pas entendu parler de graves destructions d'œuvres d'art et d'architecture à Athènes * ; ce qui l'irrite le plus,

*} Synes., Epist. 54, p. 145.

*) On ne peut pas établir d'une manière certaine la date de la visite de Synésios à Atliènes. Il y a deux opinions sur cette question. D'après l'une, Synésios vint à Athènes deux ans environ après l'expédition d'Alaric, en 397 ou 398 par conséquent ; ce voyage serait donc en liaison immédiate avec la célèbre ambassade de Synésios à Constantinople. Cf. Finlay, p. 261. Karl Hopf, Griechenland im Mittelaltcr, p. 85. D'après l'autre opinion, il n'aurait visité Athènes qu'après son retour de Constantinople en Afrique, en parlant de Cyrène ou d'Alexandrie en simple particulier, vers 402. Cf. MoLLEK, loc. cit.yTp. 336, d'après Clausen, De Synes., p. 16 sqq. Volkmann, p. 98. C. G. ZuMPT, Ueber den Besland der philos. Schulenin AtheUyp. 34 et 55. SiEVEfts, op. cit., p. 575 sq. 415. Wachsmuth, Die Stadt Athen, p. 717, adopte la date approximative de 400 ap. J.-C.

*) Synes., Epist. 136, p. 493 sq. Cf. Flnlay, p. 260 sq.

*) Il ne faut pourtant pas (comme Zlnkeisen, p. 639, l'a déjà fait remarquer avec raison) trouver dans le passage de Sidon. Apollin., Epist., IX, 9 (éd. Sirmond, p. 265, ou éd. Savar., p. 579) la preuve qu'Athènes avait conservé une grande splendeur.

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