LES MŒURS A ATHÈNES
table, embellie par les arts, relevée chez les natures sérieuses par la philosophie, et dont les mœurs avaient pris un caractère délicieusement doux et humain sous la double influence du christianisme et de sa rivale, la grave philosophie du temps.
Le ton des professeurs de l'Université était naturellement aussi devenu beaucoup meilleur qu'autrefois : ce qui a dû contribuer à cet heureux résultat fut qu'ils formaient une sorte à'ecclesia pressa vis-à-vis des puissances matérielles, politiques et intellectuelles du temps nouveau. Les rivalités entre professeurs, surtout entre rhéteurs, les vives polémiques scientifiques entre philosophes ne faisaient certes pas défaut ; mais les terribles haines personnelles, les brutales jalousies et les passions fanatiques excitées chez les bourgeois et les étudiants* avaient heureusement disparu. Et, grâce à la morale sévère et ascétique que cultivaient les néoplatoniciens, s'inspirant certainement du côté idéal du christianisme, il se produisit, à peu d'exceptions près, une série de caractères universitaires extrêmement respectables : l'atmosphère de scandale ne pesait plus comme autrefois sur l'Université vieillissante.
Il n'est guère possible de donner une histoire de l'Université d'Athènes pendant le v® siècle comme nous Tavons tenté plus haut pour celle du iv°. Nous connaissons sans doute pour les quatre dernières générations de cette école une quantité de noms de professeurs : mais, à l'exception du grand Proclos, qui jouissait de l'hégémonie académique comme autrefois Hérode Atticos et au iv^ siècle Proaeresios, il est impossible de donner de ces savants une image quelque peu plastique. Aidés des débris de la tradition, nous dresserons plus loin la liste des noms et des dates des derniers professeurs d'xAthèues : d'un côté, les plus célèbres sophistes de ce temps ; de l'autre, les grands chefs d'école néoplatoniciens avec leurs disciples, leurs amis, leurs protecteurs. Nous y trouverons encore toute une série d'hommes de bonne famille, et, parmi eux, plus
*) Cependant les associations d'étudiants, qui avaient été la source de tant d'abus, ne sont pas encore tout à fait supprimées. Cf. Wachsmuth, p. 720, note 1. Olympiodor. ap. Phot., Bibl., p. 60 b, 10.