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d'un assez heureux pour pouvoir exercer son activité académique avec le secours d'une fortune suffisante. La plus monolone, et c'est tout naturel 'dans la situation où nous sommes, est l'histoire des rhéteurs, qui, du reste, cèdent souvent à l'attrait de la capitale de l'empire et y transportent leurs pénates. Nous trouverons une mosaïque historique plus riche en traits individuels quand nous parlerons des philosophes, chez lesquels nous constaterons une sorte de doctorat qui se transforme peu à peu en initiation ^ Il y a toujours là les traces d'un développement organique.
Il nous sera possible de découvrir clairement comment Athènes, jusqu'aux actes niveleurs et destructeurs de Justinien, a pu être en état de remplir dans l'empire d'Orient contre Constantinople le rô-le d'une sorte d'opposition esthétique, littéraire et morale très honorable. Cette opposition se marque extérieurement par ce fait que le corps magistral des philosophes athéniens n'a pas de rapports familiers avec Constantinople, tandis qu'il en a d'intimes avec ce qui reste à Alexandrie d'établissements d'instruction et de savants renommés.
En commençant la sèche esquisse de l'histoire des sophistes de ce temps, nous rappellerons le nom d'un homme qui servira de trait d'union avec les rhéteurs athéniens nommés en dernier lieu, celui de ce Léontios qui est arrivé à la postérité surtout par l'histoire romanesque de sa fille, la helle impératrice Athénaïs-Eudocie. Nous avons parlé à cette occasion de sa richesse et de son originalité : nous apprenons de son ami et influent protecteur, l'historien Olympiodore, employé à plusieurs reprises à des missions impériales et lié familièrement avec d'autres savants athéniens', que ce Léontios n'était pas seulement un rhéteur de talent, mais encore un homme paisible et modeste. Léontios, qui possédait des
*) Cf. Photius, Bibl. (éd. Bekker), p. 352 d, lig. 16 sqq. et Bernhardy, Griech. Litter. ^ p. 659.
2) Entre autres le grammairien ou philologue Philtatios nommé ci-dessus, p. 451; voy. Olympiodor. fr, 32 ap. Dindorf, Hist. Grœc. Minor.., I, p. 463,
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propriétés dans la ville et dans ses environs, était-il né à Athènes? Nous l'ignorons; nous ne savons pas davantage quand il a débuté à Athènes. Nous n'apprenons qu'une chose^ c'est que , quand son ami Olympiodore, dans un de ses voyages (du temps d'Arcadius ou au commencement du règne de Théodose II), vint à Athènes, il profita de l'occasion pour user de son influence personnelle sur les autorités athéniennes et fit nommer son ami à une chaire récemment devenue vacante, que Léontios conserva jusqu'à sa mort en 414'. C'est aussi à cette époque qu'il faut placer le sophiste Apronianus,qui,amireconnaissantdupréfetd'IllyrieHerculius (402-412), éleva à ce fonctionnaire sur l'acropole, à côté de l'Athèna Promachos, une statue avec inscription laudative ^ Parmi les successeurs de Léontios (du rhéteur et jurisconsulte Héron ' nous ne connaissons que le nom), la première place revient sans contestation au célèbre Lacharès, né à Athènes d'une bonne et ancienne famille, dont la réputation atteignit son comble à l'époque des empereurs Marcien et Léon I". Malheureusement, l'histoire ne nous a transmis que sa silhouette. Cet homnf>e, distingué à divers égards, dont les amis de l'hellénisme célèbrent hautement le profond attachement à l'ancienne foi et l'éminent caractère, fut le premier des savants célèbres de cette époque qui embrassa à la fois la rhétorique et la philosophie. Les philosophes trouvèrent qu'il rendait en définitive plus de services comme philosophe que comme rhéteur ; et de fait, lorsqu'il était l'élève du sophiste Héracléon, il avait dû, comme autrefois Démosthène, faire violence à ses facultés pour arriver à la souplesse nécessaire aux rhéteurs.
*) Ce fait est raconté dans Olympiodor. (C. Muller, IV, p. 63, fragm. n<» 28, et Dindorf, p. 461, n« 28). Nous ne pouvons fixer l'année du voyage d'Olympiodore; dans tous les cas, on ne peut le placer en l'année 415, avec les événements de laquelle il est raconté dans l'ordre ordinaire des fragments; car ce serait un an après la mort de Léontios. Peut-être Olympiodore est-il venu à Athènes lors de son voyage hunnique, que l'on place en 412?
«) Ephem. Archaeol. Jàsc. 16 (1873), n« 433. Wachsmuth, p. 714 et 717.
') Sur ce personnage, cf. Suidas, s. v. Beutler, Be fat. Athenar., p. 86, croit, sans nécessité du reste, qu'une confusion avec le maître alexandrin de Proclos n'est pas impossible.
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Ami des illustrations philosophiques du temps, entre autres du génial Proclos, qui apparut en 429 à Athènes comme étudiant; d'une nature si religieuse, â la façon antique, que ses amis attribuèrent à la faveur spéciale des dieux la guérison d'une dangereuse ophtalmie dont il souffrait; avec cela, écrivain rhétorique très laborieux, il sut encore une fois, par le talent de sa parole, conquérir l'admiration sans réserve de ses contemporains et fonder la dernière école de rhétorique d'oti sortirent, outre quelques autres sophistes n'exerçant pas à Athènes, comme Asterios et Kustephios d'Aphrodisias, les divers jeunes maîtres de rhétorique que nous trouverons encore à Athènes dans la deuxième moitié du v® siècle \
Le plus ancien de ses disciples fut Nicolaos, un Lycien de Myra, ami et compatriote du célèbre philosophe Proclos et frère du grammairien Dioscoride (ou Dioscorios), qui arriva aux honneurs et à de hautes dignités comme philologue à l'Université de la capitale, où il devint le professeur des filles de l'empereur LéonP^ Nicolaos, qui étudia aussi sous le néoplatonicien Plutarque, se trouvait déjà à Athènes, en 429, au nombre des étudiants les plus âgés. Il fut à son apogée comme écrivain et comme professeur de rhétorique sous les règnes de Léon P''et de Zenon ; appelé enfin, comme il paraît, en qualité de professeur à Constantinople, il vit encore les commencements de l'empereur Anastase P*" ^. Tout aussi vagues sont les figures de quelques jeunes rhéteurs de l'école de Lacharès. L'un de ces hommes fut Métrophane, parent (peut-être neveu ou petit-fils) de Lacharès % dont nous savons seulement qu'il
*) Sur Lacharès, voy. Phot. Bibl. (éd. Bekker), p. 342. Suid\s, s. vv. Lacharès, Eustephius, Superianus, et Marinus, Vit. Procl.y 11. Cf. Clinton, Fast. Roman. y I, p. 613 et 661.
*) Sur Nicolaos, voy. Suidas, s, v. Lacharès et Nicolaus; j'admets avec BoissoNADE (ad iMarin. Procl.y 23, p. 87 et 147) et Westehmann (s. v. dans Pauly, R. E. d. Mass. Alterth., V, p. 631) que tout ce que rapporte Sdidas, loc. cit., sur deux Nicolaos (le rhéteur et le Myrien) doit être entendu véritablement de la même personne; ce n'est que de cette façon que s'explique l'émigration de Nicolaos Je Myra d'Athènes à Constantinople. Sur Nicolaos, voy. encore Ma^in., Procl., 10, et Clinton, I, p. 613, qui est aussi d'accord avec BoissoNADE, et p. 70?.
*) Cf. Suidas, 5. v. et Photius, Biblioth. (éd. J. Bekker), p. 342. (Remarquons encore, comme addition à ce que nous avons dit plus haut, qu'à une