FORTIFICATIONS ÉLEVÉES PAR JUST1?JIEN
Ce n'est que dans l'Isthme que les Slaves trouvèrent une résistance qui les força abattre en retraite, chargés de butin et avec d'innombrables prisonniers '.
Gomme on manquait de forces mobiles à opposer systématiquement dans de grandes batailles rangées à ces nouveaux ennemis, auxquels venaient se joindre habituellement des bandes hunniques et bulgares, et à la tête desquels, depuis 562, marchaient les Avares, qui étaient l'âme de ces expéditions; comme la résistance que pouvaient faire de grandes villes fortifiées, comme Dyrrhachion en 548 et Thessalonique en 551, ainsi que le système défensif de la capitale ne suffisaient pas pour empêcher le pillage périodique des provinces du nord et les incursions jusque dans le sud de la Grèce, Justinien essaya d'y réussir en fortifiant, d'après un plan d'ensemble, toute la péninsule du Balkan. On avait déjà commencé, en 530, à fortifier la ligne du Danube, en rétablissant une série de citadelles et de places d'armes. On avait dès lors, sur la deuxième ligne de défense naturelle de la péninsule du Balkan, tiré une chaîne de forteresses à travers la Dardanie et la Mœsie, pour relier ensemble Tauresium et Ulpiana (désormais Jiistiniana prima et secundo)^ Germana et Sardica. Mais à cette heure (540), on ne se contenta pas de renforcer sérieusement la ligne du Danube; on créa une nouvelle ligne de forteresses qui, partant de la nouvelle Épire, s'étendait, à travers la Macédoine et la Thrace, jusqu'à la muraille fortifiée à nouveau de l'empereur Anastase et jusqu'aux forteresses restaurées ou nouvellement bâties de la Propontide et de la Chersonese, où Sestos et Eléonte furent transformées en forts boulevards. Dans le pays ouvert au deçà et en delà de cette ligne (notamment en Thrace, en Macédoine, en Dardanie, en Illyrie, en Epire et en Thessalie), on établit un grand nombre de forteresses moins considérables ".
0 Procop., BelL Vers., Il, 4 (vol. I., p. 167 sqq.). Hopf, Griechenl. im Mittelaltcr, p. 80.
Y Cf. encore Procop., De seclif., IV, 1. 3. 4. 5.6. 7. 9. 10. 11, et parmi les modernes Zinkeisen, Gesch. Griechenl., I, p. 699 sq. Tafel, De Thessalonica, p. 14 sqq. et p. 187 sqq. Hopf, loc. cit., p. 80, et Krause, Griechenland im Mittelalter und in der Neuzeit (dans Ersch et Gruber, AUg. Encyklopàd., i^'^ sect.., t. LXXXIII), p. 290 sqq.