LES TIIERMOPYLES ET ATHÈNES
de ses villes, comme Gomphi, Larissa, Pharsale, Metropolis, Tricca, Demetrias, Echinos et Thèbes Phthiotique \
L'entrée principale de l'Achaïe, les Thermopyles, fut fortifiée avec tout le soin possible. L'entrée fut couverte à nouveau par les forteresses de Myropole et d'Héraclée. Le passage principal et TAnopaea reçurent de hautes murailles munies de doubles créneaux et doubles bastions : travaux dont il existe encore aujourd'hui des restes très reconnaissables". Les murailles protégeaient des citadelles plus petites avec citernes et magasins, dans lesquelles la garnison pouvait se retirer au besoin ^ A la place des milices locales chargées jusqu'ici de la garde des Thermopyles en cas de guerre, on y mit une garnison permanente de troupes régulières, forte de deux mille hommes, qui devait être entretenue avec les ressources locales de la Grèce \
Au delà des Thermopyles, on restaura les ouvrages de l'Euripe et on fortifia de nouveau les villes les plus importantes, notamment Thèbes, Platée et surtout Athènes. A l'acropole, toute la pente occidentale fut entourée de murailles : au pied de la pente on paraît avoir établi, sur le même alignement que Tentrée du milieu des Propylées, une nouvelle porte flanquée de deux tours, et, probablement pour protéger une partie de la ville basse, on construisit un mur d'enceinte beaucoup plus petit ^ On fortifia à nouveau de la
*) Progop., De œdiflc., IV, 2 et 3. CP. Zinkeisen, p. 670. Krause, p. 289 sq.
^) L. Ross, Archàol. Auf^dtze, II, p. 455.
^) Progop., De sedif., IV, 2. Zinkeisen, p. 671. Krause, p. 289.
*) Progop., De sedif., IV, 2. Anecdot., 26. Cf. Bell. Gothic, IV, 26 init.
Sj Progop., De œdif., IV, 2 et 3 (tome III, p. 272). Krause, p. 289 sq. Cf. BuRSJAN, Geogr. Griechenl., I, p. 306. Pour Athènes se pose la question de savoir si la muraille qu'on attribuait autrefois à tort à Valérien appartient au temps de Justinien. 11 n'est pas impossible en soi que les Slaves aient aussi dévasté Athènes en 539/40. Si la ville avait réellement souflert alors, il était naturel que les Byzantins eussent l'idée d'abandonner, au point de vue militaire, une grande partie de la ville basse, difficile à défendre, et de faire une enceinte plus étroite. Si les foyers de l'ancienne culture, les lieux témoins de son éclat (comme le Portique d'Attale et le Diogeneion) eurent à souffrir de cette construction, il n'y avait rien là qui pût retenir un empereur comme Justinien, dont la politique poursuivait l'anéantissement de i'Univer-
FORTIFICATIONS DE l'iSTHME 501
même façon l'Isthme de Corinthe : les mm^ailles furent renforcées par des citadelles, des tours de guet et des casernes ; les murailles de Corinthe furent restaurées '.
Toutes ces constructions, et, pourla Grèce en particulier, l'entretien de la g-arnison desTliermopyles ', exigèrent d'énormes sacrifices financiers. Le bénéfice de ces dépenses fut réel, puisque l'intérieur de la Grèce du moins fut protégé par les Thermopyles, entre autres en 559, lors de la terrible attaque des Slaves, Bulgares et Huns Koutourgouriques, sous Zaberganes (Zaber-Khan) ^ ; néanmoins ce fut un fardeau terrible pour la Grèce. En effet, dans l'intérêt de ces constructions, le gouvernement mit la main, dans les pays de la péninsule du
site. Cette opinion de Curtius, Att. Studien, I, p. 78, et Erlduternder Text der Sieben Kartenzur Topographie von Athen, p. 57, est parta^^^ée par Hopf, loG. cit., p. 88. Pour Topiiiion qui ramène la construction de cette muraille à l'époque tVanque se sont prononcés W. Vischer, dans le N* Schweizer. Museum, 1863, p. 51 sq. 73 sqq. Bursian dans Pauly, R. E. d. kl. Alt., 1, 2, p. 1984, et notamment Wachsmuth, Die Stadt Athen, p. 723 sqq., qui songe à Otto délie Rose (1209-1225) ou à Nerio I Acciajuoli (1384-1395). Pour moi, je persiste à trouver impossible qu'Athènes, déchue comme elle le fut au moyen-âge jusqu'à la période franque, ait pu conserver son ancien rempart à large périmètre. La population n'aurait pu le défendre avec succès durant ces siècles orageux; il eût fallu une forte garnison. Si l'on ne veut pas opter pour le temps de Justinien, ce qui est cependant l'hypothèse la plus naturelle, il faut supposer (sans pouvoir invoquer de textes) que la ville basse a été entourée de nouveaux retranchements, élevés à la hâte, au temps des incursions slaves (au vu" et au viii^ siècle) ou des corsaires musulmans (à la fin du ixe ou au commencement du x^ siècle). Cf. G. Hertzberg, Gesch. Griechenlands seit dem Absterben des antiken Lebens, I, p. 92 sqq.
^) Procop., De œdif., IV, 2. Finlay, Griechenl. im Mittelalter (trad. Reiching), p. 9. Curtius, Peloponnesos, I, p. 14. Krause, p. 289, et Hopf, qui (p. 81 et 88) cite aussi Phrantzes, éd. Bonn., 1, 33 et 35, p. 96 et 107, et qui mentionne à Corinthe le gouverneur de Justinien, Victorinus; cf. BôCKH, CL Gr., n° 8640. D'après Hopf (p. 84), Justinien aurait déjà commencé à partager la Grèce en districts militaires, commandés par des stratèges : le Péloponnèse, dont le stratège résidait à Corinthe, et l'Hellade ou Grèce moyenne, dont le stratège résidait à Thèbes. Pour l'ancienne Épire, Nicopolis resta la résidence du stratège; pour les îles de la mer Egée, c'est à Samos que résidèrent ces stratèges, qui furent quelquefois appelés abusivement proconsuls. Cf. encore Zinkeisen, p. 711 sq.
^) Procop., Anecdot., 26.
3) Deux de ces colonnes furent arrêtées seulement par les murailles de la Chersonese et tout près de Constantinople ; la troisième dut reculer devant les Thermopyles. Agathias, V, 11 à 23. Voy. Hopf, p. 82.