‹ Histoire de la Grèce sous la domination des RomainsChapitre 24 sur 227 · ALEXANDRE SÉVÈRE · texte numérisé non relu

ALEXANDRE SÉVÈRE

virent alors le jeune empereur M. Aurelius Alexianus, cousin d'Elag-abal, qu'on regardait aussi comme un bâtard de Caracalla^ faire néanmoins les pins nobles et les plus aimables efforts pour rendre enfin au gouvernement impérial la dignité et l'honneur, à l'armée la discipline, la tenue, une force toujours prête à frapper, à la politique générale de la suite et de la sûreté. Mais ils n'eurent que trop tôt à plaindre le noble jeune homme dont le bras était trop faible pour triompher de l'épouvantable corruption et des horribles abus qui rongeaient l'empire et pour lutter avec succès contre les dangers du dehors qui devinrent de plus en plus redoutables.

Le nouveau maître de l'empire, le jeune empereur Alexandre Sévère, comme on l'appela après son avènement au trône, était un homme profondément imbu de la culture grecque*, qui, dans des circonstances plus heureuses, surtout dans un temps de paix durable,n'aurait pas manqué vraisemblablement d'imiter Hadrien et Marc-Aurèle en affichant les plus vives sympathies pour la Grèce et en en donnant des preuves. Au lieu de cela^ il lui était échu la mission la plus pénible sans qu'il eût presque le moindre espoir d'y réussir; il fallait, après la période désespérante qui avait commencé à la mort de Septime et dont on espérait de lui la clôture, arrêter la décadence qui avait commencé dans des proportions vraiment effrayantes sur les points les plus différents : dans le commandement de l'armée, dans la discipline des soldats gâtés à l'excès et devenus partout ingouvernables, dans les finances complètement négligées, dans la situation monétaire, dansi la direction des innombrables fonctionnaires de l'État. Le noble jeune homme qui tenait maintenant les rênes de l'État ne possédait ni la maturité de l'expérience, ni l'énergie impitoyable qui était nécessaire dans ces temps désastreux. Ni la volonté la plus pure et la plus désintéressée, ni l'intelligence la plus nette, ni le culte des grands hommes de l'antiquité (parmi lesquels Apollonios de Tyane^ et surtout Alexandre le

') Parmi ses maîtres, nous voyons plusieurs Grecs : le grammairien Nebo ou Neho, le rhéteur Serapion, le philosophe Slilion (Lamprid., Alexand Sever., 3, 3). Une inscription honorifique à Ambryssos célèbre cet empereur comme OscoTaxo? s-jaegr,; sÙTu/y]? (BôCKH, C. I. Gf., I, n° 1737),

2) Lamprid., Alex. Sever., 29, 2. .

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