LES SASSANIDES
Grand* étaient parliculièrement vénérés par le jeune empereur), ni l'épuration profonde de la cour et des pouvoirs de l'État par l'exclusion des sujets tout à fait indignes, ni le soin de bien choisir, avec l'assistance du Sénat, les gouverneurs des provinces , n'étaient plus capables d'arrêter la ruine.
Pendant qu'Alexandre s'efforçait, à Rome, d^'apaiser les velléités de soulèvement de la garde impériale, s'élevait, à côté des ennemis germaniques du Nord bien connus, à partir de l'année 226, à la frontière orientale, un nouvel ennemi dont Fapparition sur le théâtre de l'histoire rappelait aux Hellènes, plus qu'à tout autre peuple, de grands souvenirs historiques, mais qui devait devenir pour l'empire un immense danger. C'étaient les Perses. L'empire des Parthes, malade de vieillesse, fut en effet renversé pour toujours en 226 parle relèvement des Perses; il se forma, sous les princes de la famille des Sassanides, un nouvel et puissant empire perse, dont le vigoureux élan balaya bientôt de l'Iran l'hellénisme fardé des Parthes, mais renouvela en même temps partout avec un véritable fanatisme les antiques traditions iraniennes et fit valoir ses prétentions au vieil héritage politique des Achéménides. Ces nouveaux Perses, auxquels le monde grec ne pouvait opposer de si tôt un Miltiade ou un Thémistocle, un
^) Alexianus était né le l'^'" octobre 208, à Area Gsesarea en Phénicie, et dans le temple même d'Alexandre le Grand ; ses parents s'y étaient rendus pour la célébration d'une fête d'Alexandre {Lamprw., Al. Severus,D, i-2;i3,i. Auhel. Victor, Csesar., 24, 1. H. Schiller, Go^chichte der r'ômischen Kaiserzeit, T, 2, p. 765). Sa nourrice, une paysanne phénicienne, s'appelait Olympias, et le mari de celle-ci Philippe (Lamprid., loc. cit , 13, 3-4). Entre autres motifs, ces faits le firent appeler Alexandre par Élagabal lorsqu'il l'adopta en 221. Cf. aussi Herodian.. V, 7, 3. Le culte d'Alexandre que le jeune empereur pratiqua à l'exemple de Caracalla fut longtemps bien inoffensif. Il se faisait volontiers représenter sur ses monnaies dans le costume du grand roi (Lamprid., loc. cit., 25, 9); il plaça l'image d'Alexandre dans sa chapelle domestique (31,5), et, quoiqu'il ne fût pas aveugle devant lesmauvais côtés d'Alexandre, il appelait le grand homme son principal modèle, lisait sans se lasser les biographies d'Alexandre ou se les faisait lire (30, 3 et 35, 1) : il présidait aussi volontiers (cf. plus haut, p. 24, 3) les jeux d'Héraclès nouvellement fondés en l'honneur du grand Alexandre — sans doute par Caracalla ■ — à côté des jeux Capitolins (35, 4) ; et il avait coutuiie, quand il avait à sa table des amis militaires, de leur faire verser encore après le dessert une coupe « en l'honneur d'Alexandre le Grand » (39, 1).