‹ Histoire de la Grèce sous la domination des RomainsChapitre 27 sur 227 · MAXIMIN · texte numérisé non relu

MAXIMIN

nouvelle guerre contre les Perses, de l'année 231 à l'année 233 ap. J.-C, ne répondit que d'une manière incomplète, comme on sait, aux désirs et aux espérances des Grecs. Alexandre n'était pas Thomme qui pouvait, avec ses légions et sa phalange, malgré la bravoure de cette dernière, quelque digne qu'elle eût été de voir sa solde augmentée \ faire les grandes choses qui avaient illustré son grand modèle macédonien sur ce même théâtre. On dut être satisfait de ce que cette campagne extrêmement difficile, dans laquelle les pertes furent considérables, après tout, n'avait pas été sans gloire pour les armes romaines, et que les Perses, douloureusement trompés dans leurs orgueilleuses espérances de conquêtes faciles sur la frontière orientale de l'empire, avaient dû ajourner leurs plans ambitieux ^

Mais les Grecs et les Romains eurent toutes les raisons possibles de déplorer que, dès le printemps de l'année 233, le jeune empereur tombât frappé par la main d'un assassin au loin, sur le Rhin, près de Mayence. Car cet attentat fut pour l'empire le commencement de nouveaux désordres dynastiques ; et même les provinces qui, comme rAchaïe||et la Macédoine, étaient éloignées du théâtre des grands événements. de cette année durent éprouver indirectement de cruelles souffrances, par l'inévitable accroissement des charges de FEtat et par la négligence non moins inévitable de leurs intérêts particuliers.

Nous ne savons pas si les Grecs eurent particulièrement à souffrir de la dureté et de la cruauté du nouvel empereur Gains Julius Yerus Maximinus, qui, comparé pourtant dans son bon temps avec Antée et Hercule, avec Achille et Ajax, et pour sa force physique avec Milon de Crotone ^ se signala, surtout dans les pays romains de l'empire, par sa fureur brutale de Barbare contre les classes distinguées et contre la civilisation supérieure de l'ancien monde cultivé. Partout les Grecs doivent avoir suivi avec un intérêt marqué les efforts des

*) Lamprid., 50, 5 fin.

-) Je n'ai pas rencontré jusqu'ici d'inscriptions grecques en l'iionneur des victoires de cet empereur; il n'y a que l'inscription honorifique de la ville d'Hermione pour xbv {jLsyia-rov xa\ ôeioTaxov — M. Aùp. Ssêîipov — tov [àveîxrjTOv (C. r. Grœc, I, n° 1218) que Bôckh rapporte à Alexandre Sévère.

?) Capitolin., Maœimiii., 4? 9; 6, 9.

Page 1