ÉTAT DE LA CIVILISATION EN GRÈCE
les esprits passionnés pourles spectacles du monde ancien de la façon la plus grandiose en célébrant en 248 le « millénaire « de Rome capitale du monde par les fêtes et les jeux les plus brillants ^ Malheureusement, le reste de son administration civile et militaire ne répondit que peu à cet éclat*, et bientôt après fondirent sur lui et sur l'empire, avec une force écrasanle, les désastres les plus graves et les plus multipliés.
La moisson de l'historien en ce qui concerne l'histoire politique de la Grèce pendant la première moitié du m" siècle ne donne en général, comme nous l'avons vu jusqu'ici, que de très maigres résultats. Il en est à peu près de même si nous portons nos regards sur l'état de la civilisation en Grèce pendant le même laps de temps. Nous pouvons cependant dire, en résumé, qu'à ce point de vue la situation en bien et en mal continue jusqu'à ce temps de guerres gothiques d'être la même que celle que nous avons constatée en détail sous le règne des deux premiers Antonins, avec cette seule différence, que derrière les apparences qui n'ont pas perdu tout éclat, les éléments de décadence sociale et de transformation progressive de la vie antique gagnent peu à peu plus de terrain. Si, quand il s'agit de l'ensemble de l'empire', nous observons nettement les progrès d'une fusion politique et sociale entre les Romans et les autres races, notamment les Grecs, d'un autre côté, quand il s'agit de la Grèce européenne, nous n'avons à apporter à ce point de vue que bien peu d'affirmations qui puissent s'appuyer sur des témoignages formels. Nous trouvons aussi d'autre part que, depuis la fin de Caracalla, on ne peut plus
QUARDT, Handb. d. Rom. Alterth. , IV, p. 483. Aurel. Vict. , Histor. Im," perat., 27 {Gordian. jun.) s. f. Zosim. , I, 16 init. Cf. plus haut, torn. II, p. 100 sqq.
') Aurel. Vict., loc. cit., 28 (Philipp.) init. et Epitom., 28 [Philipp.], et encore Gapitolin., Gordian. très, 33, 1-3. Gros., VII, 20. Eutrop., IX, 3. Cf. Clinton, Fast. Roman., I, p. 264.
*) Les inscriptions grecques ne manquent pourtant pas pour Philippe. En son honneur, comme « OstoxaToç Autocrator », voy. pour Égine dans Bôckh, C. I. Grœc, II, Addend., p. 1016, n'' 2140*. A Lébadée, inscription en l'honneur de son épouse, Augusta Marcia Olacilia Severa, voy. Keil, Syllog. inscr. Boeot., p. 110, n«27. Une ambassade de la ville d'Athènes à Philippe fut conduite par Nicagoras, sophiste célèbre dans ce temps; cf. Suidas, s. V., p. 2592 d, Clinton, Fast. Roman., I, p. 263.