‹ Histoire de la Grèce sous la domination des RomainsChapitre 31 sur 227 · ÉTAT DE LA CIVILISATION EN GRÈCE · texte numérisé non relu

ÉTAT DE LA CIVILISATION EN GRÈCE

dire quo les empereurs aient porté à la Grèce un intérêt personnel et particulier. A moins que Ton n'admette, par analog-ie avec d'autres temps, que la distinction et les avantages matériels qu'Alexandre Sévère^ conféra aux rhéteurs, grammairiens, médecins, astrologues, mécaniciens et architectes, ainsi que les secours considérables en argent qu'il accorda dans les derniers temps à un certain nombre de villes dévastées par des tremblements de terre, soient allés particulièrement à FAchaïe et à l'Asie. Mais nous ne pouvons dissimuler, qu'au moins pour cette époque, nous n'avons pas de témoignages formels sur d'aussi graves tremblements de terre en Grèce ^ comme ceux qui eurent lieu à notre connaissance dans plusieurs périodes décennales du u^ siècle. Mais, du reste, la difficulté des temps rendait impossible même à des empereurs disposés à la bienveillance de combler la Grèce de bienfaits, comme l'avaient fait notamment Hadrien et ses premiers successeurs. Par contre, l'intérêt que prenaient les Romains à la Grèce et aux choses grecques avait aussi peu diminué que celui que les Grecs prenaient à Rome et aux choses romaines. Ce fut à des écrivains grecs que^ maintenant et plus tard, les Romains durent la connaissance la plus siire de ce qui s'était passé à cette époque, quoique ce ne fussent pas, du moins d'abord, des Hellènes d'Europe. Et tandis que la langue latine et le droit romain^ se répandaient toujours plus loin, notamment depuis la législation de Caracalla, dans l'Orient hellénique, les légions et les charges civiles de l'empire se recrutaient de plus en plus parmi les citoyens d'origine grecque. Mais ce qu'il faut relever avant tout, c'est que la culture grecque pénétrait toujours plus profondément en Italie, et faisait de plus en plus la conquête^ quelquefois très superficiellement il est vrai, des éléments ethniques nouveaux, barbares et demi-barbares, qui étaient jetés depuis Caracalla dans le grand creuset du romanisme. Dans le temps d'Alexandre

*) Lamprid., Alexand. Sever., 44, 4 et 8.

2) Il est vraisemblable pourtant que les terribles tremblements de terre qui désolèrent sous Gordien III, en l'an 241, plusieurs provinces de l'empire (Gapitolin., Gordian. très, 26, i et 2) ont aussi sévi en Achaïe.

^) Cf. Marquahot, Rom. Staatsverwaltung, P, p. 565 sqq.

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