ÉTAT DE LA CIVILISATION EN GBÈCE
Sévère et diisaavag-e Maximin, les «belles manières gTecques » passaient à Rome, dans les couches supérieures de la société, pour r idéal de la civilisation \ En ce temps et plus tard, de plus en plus, comme le témoignent de nombreux passages de 1' « Histoire des empereurs », chaque phase de la riche histoire de ce siècle fut signalée par des traits d'esprit, des épigrammes, des poésies d'écrivains grecs ou d'éducation grecque. Le beau et jeune fils du terrible Maximin reçut l'instruction grecque la plus soignée ; une dame, sa parente, put lui offrir en cadeau un Homère écrit en lettres d'or et relié en pourpre ". D'autre part, il est vrai, les Grecs eurent Thumiliation d'entendre qu'un homme de la valeur d'Alexandre Sévère, forcé d'adresser une verte mercuriale à ses légions efféminées, exhorta énergiquement les soldats à ne pas se livrer au « dangereux libertinage des Grecs I^ » Ces derniers passaient donc aux yeux du jeune empereur et de ses contemporains romans pour des libertins et des efféminés accomplis.
A côté de cela apparaissent d'autres phénomènes d'un intérêt capital. H est impossible de ne pas reconnaître que, notamment depuis la fin de Marc-Aurèle, l'élément spécifique romain cède de plus en plus devant l'élément purement « roman ». En d'autres termes : tandis que dans la capitale les classes supérieures de l'empire conservent toujours énergiquement l'antique noyau italique, tandis que de toutes les couches du peuple italique des hommes nouveaux ne cessent de s'élever dans les fonctions militaires et civiles, on sent de plus en plus rintluence des peuples romans plus jeunes qui sont arrivés à la vie politique dans les pays situés entre les Garpathes et l'Atlas, c'est-à-dire des Africains, des Espagnols, des Celtes, des Pannoniens, des Illyriens, des Thraces et des Daces, tous transformés depuis deux ou trois siècles en Romans. En un mot, le caractère national et la physionomie morale et poli-
*) Capitolin., Maximin. j un., 29 (3), 3.
8) Capitolin., loc. cit., 27 (1), 2 et 4et 6 ; 29 (3), 3; 30, (4), 4.
') Lamprid., Alex. Sever, ^ 53, 7. De même, plus tard, Trebellius PoUion {Trigint. Tyr., 16, 1) appelle dédaigneusement Hérode, un fils d'Odenath, un « parfait débauché à la mode grecque ».