ÉTAT DE LA (.TVIL!SATTO.\ EN GRÈCE
tique de toutes les classes du peuple, dans la moitié romane et occidentale de l'empire, apparaît manifestement devenue d'un degré plus barl)are, ou,pour parler plus poliment, })lus rustique qu'avant Marc-Aurèle. Cette altération ne fit qu'augmenter progressivement dans la suite, à mesure qu'à partir du milieu du ui^ siècle des éléments tout nouveaux, germaniques, gétiques, sarmates entrèrent dans l'empire et prirent un mince vernis de civilisation romane.
Il est donc très surprenant que la productivité de la littérature romaine, qui jusqu'à Fronton et Aulu-Gelle avait été si active encore, commence àtarir pour longtemps, en exceptant toutefois les jurisconsultes et un petit nombre d'historiens d'une certaine valeur. Parallèlement à cette décadence marche une diminution dans la connaissance de la langue grecque *, même dans les couches supérieures de la nation, notamment dans Tarmée. Quant aux Grecs, qui, depuis l'époque des Diadoques, n'étaient plus soumis à des mélanges de ce genre avec le sang des peuples étrangers et qui dans les classes élevées seulement se mariaient de plus en plus avec des Italiennes, on les voit essayer, depuis le n'' siècle après J.-C, de donner un nouvel élan à leur littérature, et faire des conquêtes de plus en plus nombreuses et plus importantes à Rome, en Italie et dans les autres contrées occidentales.
L'émigration incessante de certaines classes d'hommes cultivés des provinces grecques et hellénistiques de l'Orient vers l'Occident a aussi manifestement continué dans ce temps. Le médecin grec^ les troupes d'acteurs grecs apparaissent maintenant, comme toujours, en foule dans les pays de vieille civilisation à l'ouest de l'Adriatique. L'athlète grec, qui continue d'être le favori admiré de ses compatriotes, fréquente de préférence les fêtes splendides de la capitale. Dion Cassius, ce haut fonctionnaire de l'Etat romain, était resté néanmoins si
*) Friedlânder, Barstell. aus der Sittengeschichte Roms, Hl, p. 353.
2) A ce point de vue, ajoutons ici à ce que nous avons dit et répété au tome II (d'après Frieulânder, III, p. 652) les noms de deux médecins grecs en Italie au premier siècle de l'ère impériale, amis et modèles du poète Perse, à savoir le Spartiate Claudius Agathemeros, et Petronius Aristocrates de Magnésie.