‹ Histoire de la Grèce sous la domination des RomainsChapitre 34 sur 227 · ATHLÈTES ET RHÉTEURS · texte numérisé non relu

ATHLÈTES ET RHÉTEURS

parfaitement grec dans sa manière de penser et de sentir, qu'il n'a pas manqué de donner dans son Histoire romaine une place d'honneur à un contemporain de cette profession fort admiré alors. C'était le célèbre athlète phénicien Aurélius .^lix ou ^lius Hélix, qui réussit, en Tannée 218 ap. J.-C, à remporter le même jour, dans les jeux Capilolins à Rome, le prix de la lutte et du pancrace : ce succès, qui n^avait encore été remporté par personne sur les bords du Tibre ^ et même à Olympic fort rarement (par exemple, en 36 ap. J.-C, par Nicostratos, lui septième ou huitième après Héraclès), devait faire de ce vaillant artiste un des hommes les plus célébrés et les plus admirés de ce temps et du temps suivant. Mais à côté des médecins estimés et des artistes exécutants de tout genre, les représentants purement savants du monde grec et de l'intelligence hellénique continuaient d'occuper une grande place au milieu des populations romanes. Cette situation que nous avons déjà décrite avec détails continue d'exister, presque la même, aussi bien avec ce qu'elle a de sérieux au fond qu'avec son faux éclat et ses brillantes misères. Le grammairien et le rhéteur grecs dans toutes les grandes villes de TOccident roman* — comme, par exemple, à Autun (Augustodunum), cet asile des muses en Gaule, un Athénien de naissance, le grandpère du rhéteur Eumenius, si célèbre au temps de Constance Chlore, — le précepteur et le secrétaire grecs dans nombre de familles italiennes cultivées, le philosophe domestique grec dans les palais et les villas de la riche aristocratie romaine, dans l'ordre sénatorial et dans l'ordre des chevaliers, sont toujours et pour longtemps encore les types qui représentent la Grèce dans les pays romans. Mais tous ces doctes représentants du monde grec furent éclipsés par Féclat dont brillèrent les sophistes grecs en Occident. La nouvelle prose grecque si colorée, si étincelante, qui semblait n'être au fond

') Dio Cass., LXXIX, 10; cf. Frtedlânder, Darstell. aus der Sittengesch. jRoms, II, p. 451 et et W. Teuffel, s. v. dans Pauly, R. E. d. kl. AU., 1-. 2, p. 2167. Kayser ad Philostrat., De gymn., 8, 22, p. 59.

-) Sur les maîtres d'école grecs dans les provinces romaines et la façon dont ils adaptaient leur enseignement au genre d'éducation préféré dans le pays, la rhétorique à la mode romaine, cf. encore une fois Friedlânder, III, p. 349 sqq. Sur le vieil Eumenius, cf. Preuss, Kaiser Diokletian, p. 60.

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