LES SOPHISTES GRECS
qu'un retour à la manière « asiatique », avait, dès le commencement du temps des Antonins, pris d'abord une place souveraine à côté de la littérature latine moderne dans les genres aimés de ce temps, puis l'avait complètement supplantée. Dans le m'' siècle , le sophiste grec ambulant (bien plus encore que le poète) célèbre en Italie et dans les pays de rOuest des triomphes presque aussi brillants que dans les anciennes contrées du monde grec. Et ces triomphes dépassent de beaucoup les modestes succès que des hommes comme le vieil et honnête Plutarque avaient remportés parleurs lectures à Rome, dans des temps relativement plus sérieux. On peut voir alors des hommes nés en Italie, comme le Romain ou Prénestin Claudius ^lianus, devenir maîtres de la langue grecque h un tel point que l'on croyait entendre des Attiques de naissance, et se rendre capables de lutter pour le style avec des sophistes nés en Grèce \ La direction de la chancellerie grecque à la cour impériale était alors comme autrefois le but vivement désiré et souvent atteint de l'ambition des sophistes grecs ^ à moins qu'ils ne préférassent, même étant professeurs à Athènes^ obtenir la charge de professeur do sophistique grecque à Rome, à F « Athenaeum^ » fondé par Hadrien et entretenu depuis par les empereurs, qui nommaient les professeurs. Enfin, pour nous faire une idée de la grande influence qu'eut sur les productions littéraires des sophistes l'amitié des princes lettrés et des dames de la cour palatine, ainsi que le commerce avec les grandes familles romaines dans lesquelles on cultivait sérieusement les arts elles sciences, nous n'avons qu'à considérer, entre autres, l'exemple de Philostrate Tancien, Tami des empereurs africains comme de la maison de Gordien '\
^) Cf. encore une fois Friedlànder, Sittengeschichte Roms, II, p. 73 sqq., el sur les poètes, III, pp. 411. 422 sqq. Sur Élien , voy. Philostrat., Vit. Sophist., II, 31, 1, p. 624.
2) Cf. ci-dessus p. 19, et Philostrat., Vit. Sophist., II, 24, 1, p. 607; 33, 3, p. 628.
^) Sur l'AlhenaBum, cf. Friedlànder, III, p. 349. 378, et Philostrat., Fi^. Sophist., II, 8, 2. p. 580; 10, 5. p. 589; 13, p. 594; 16 (Euodianos de Smyrne), p. 596 ; 33, 2, p. 627.
*) Pour ce qui regarde ce Piiilostrale, ce sont, on le sait, ses rapports avec Garacalla qui le déterminèrent à peindre avec des couleurs si vives Achille,