‹ Histoire de la Grèce sous la domination des RomainsChapitre 40 sur 227 · EXPLOITATION DES CARRIÈRES DE MARRRE · texte numérisé non relu

EXPLOITATION DES CARRIÈRES DE MARRRE

cité, un beau renom et d'obtenir l'honneur dispulé d'un portrait d'honneur ou même d'une statue dans un temple, un théâtre, un hôtel-de-ville ou un portique S était loin d'être éteinte.

Un fait qui est en harmonie singulière avec ces tendances et cette direction intellectuelle des Grecs de ce temps, c'est que, grâce au goût artistique persistant de la partie riche et haut placée de la population de Rome et des pays romans pour le luxe, l'éclat et les élégances de la vie, un certain nombre de commerces et d'industries ont pu rester, jusqu'au temps de Gordien III, dans une prospérité remarquable^ que nous avons eu l'occasion ailleurs de constater comme tout à fait caractéristique pour la Grèce européenne. Les grands de la capitale et plusieurs empereurs ont affecté, justement pendant la première moitié du ni^ siècle, le luxe le plus grandiose dans l'emploi des matériaux précieux de construction, surtout des matériaux de couleur. Les carrières grecques de marbre et de porphyre de prix étaient, par conséquent, exploitées dans ce temps sur la plus grande échelle. La Laconic, notamment, et plusieurs îles grecques, expédiaient à Rome, par grandes quantités, ce noble produit naturel. Tandis qu'Elagabal préférait le marbre vert et le porphyre de Laconic, et en faisait paver les cours de son palais à Rome ^ ; tandis qu'Alexandre Sévère, qui avait, du reste, l'habitude d'occuper les artistes grecs par des commandes en masse, montrait, au moins pour ce qui concerne le marbre et le porphyre de Laconic, les mêmes goûts que son indigne prédécesseur et aimait à combiner ensemble des dalles de ces deux espèces de pierres ^ Gordien III, comme en général sa race, donnait la préférence au cipollin de Carie : une splendide villa qu'il avait sur la voie Prénestine était ornée par rien moins que cinquante colonnes, toutes de cette matière *. Il

1) Cf. BôcKH, C. I. Grajc, no» 3068. 3085. 2775 c. d. et 3524. Friedlân- DER, Barstellungen, III, p. 230 sqq.

2) Lamprid., Heliogabal., 24, 6.

3) Lamprid. , Sever. Alexand. , 25 , 7. Rappelons ici la préférence d'Alexandre, à laquelle fait allusion Lamprid., loc. cit., 26, 8, pour les œuvres d'art en bronze de travail dit « délien ».

*) Capitolin., Gordiani très, 32, 2. Cf. FmEDL'iî^DERf Darstellungen, 111, p. 94.

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