FABRICATION DE LA POURPRE
n'est donc pas étonnant qu'en Grèce on continuât de fabriquer d'avance et pour la vente des quantités d'œu^res d'art en matériaux divers ^ ; elles étaient destinées à l'exportation comme au débit dans les pays grecs eux-mêmes, où l'on aimait toujours encore à posséder des copies aussi fidèles que possible des œuvres les plus connues et les plus goûtées de Tancien art plastique ^ Ajoutons encore que dans la Grèce le sens de l'art continuait d'être vivant dans toutes les classes, au point que la peinture était souvent comprise parmi les branches de Tinstruction de la jeunesse ^
D'une manière analogue, on voyait fleurir comme autrefois dans les eaux grecques la pêche de la pourpre et, ce qui en est la conséquence, sur les côtes de certains cantons, la fabrication de cette précieuse matière tinctoriale ; les deux industries joussaient même d^une prospérité croissante. Car nous apprenons d'un côté que c'est justement au commencement du ni° siècle après Jésus-Christ que le luxe de la pourpre atteignit son apogée, et qu'à côté de la célèbre pourpre syrienne et sidonienne, la pourpre laconienne ou amycléenne était particulièrement recherchée*; d'un autre côté, nous savons que l'empereur Alexandre Sévère s'intéressait vivement à l'industrie de la pourpre. Ce prince sut en faire en même temps une source de revenus considérables pour la caisse de l'Etat. Car il frappa (fut-il le premier ou suivit-il l'exemple de Caracalla? nous l'ignorons) les manufactures de pourpre d'un impôts même d'un impôt en nature, dont le produit le mit en état d'exploiter la fabrication et le commerce de cette denrée dans l'intérêt du fisc : ce commerce fut très productif, puisque, outre les Romains des situations supérieures, les comédiens et les grandes dames (surtout en Italie)
') Friedlânder, Darstellungen, II[, p. 256 sqq. Sur l'exploitation des carrières de Paros, voy. aussi Bursian, Geogr. GriechenL, II, 3, p. 485. 487.
-) Cf. Friedlânder, p. 253 sqq.
^) Friedlânder, p. 269 sqq., d'après l'inscription de Téos (BÔckh, C. L Gr., n° 3087).
*) Cf. Adol. Schmidt, Purpurfàrberei und Purpurhandel im Alter thum (dans la première partie de ses Forschungen aiif dem Gebiete des Alter^ thums)^ p. 175 sqq. ; d'après Clemens Alexandrin., Pœdag., II, 10, p. 202 fin. 203 a. 204 c.