‹ Histoire de la Grèce sous la domination des RomainsChapitre 54 sur 227 · LES GOTHS EN MACÉDOINE · texte numérisé non relu

LES GOTHS EN MACÉDOINE

Priscus, le traître qui commandait en Macédoine \ ouvrit au Midi hellénique de dang-ereuses perspectives. Car, tandis que Dèce faisait des efforts surhumains pour pouvoir conduire une nouvelle armée contre Kniva, les Goths se mirent à parcourir les pays voisins en pillant, incendiant, emmenant partout des captifs et emportant un riche butin. C'est ainsi que commença la longue suite d'horribles dévastations qui se promenèrent dès lors pendant des siècles avec une affreuse monotonie sur les pays situés entre le bas Danube et la mer Egée. Le pays plat et les petites villes étaient en général le plus durement éprouvés. Les grandes villes, entourées de murailles, résistaient heureusement aux Germains, à moins que la trahison ou quelqu'autre malheur ne vînt en aide aux assaillants; mais la prise d'une de ces places centrales était naturellement signalée par un redoublement d'horreurs. Nous ne savons pas si, dans ces conjonctions critiques, le prolétariat roman et grec, notamment dans les pays de plaine, s^est déjà fait l'allié des hordes pillardes. Mais ce qui est certain^ c'est que de nombreux esclaves, des brigands, des habitants ruinés par les invasions gothiques, parfois aussi des traîtres plus fortunés poussés par la vengeance, allèrent au-devant l'ennemi : ce fut le cas particulièrement des prisonniers de guerre amenés dans le pays. C'est dans cette catégorie de gens que les « Barbares » recrutèrent les guides et les indicateurs si dangereux pour les habitants de ces provinces. Cette fois, ce fut la Macédoine qui, de toutes les provinces intérieures de la presqu'île du Balkan, fut la première inondée par le flot des Goths ^ C'est aussi le temps où la capitale maritime de ces contrées^ Thessalonique, le siège des gouverneurs macédoniens, commença à montrer son immense valeur stratégique pour la défense de la Macédoine méridionale et des autres pays du Midi : cette valeur est de plus en plus signalée par l'histoire jusqu'au temps des Paléologues. C'était, depuis l'an-

<) AuREL. ViCT., Csesar. (Decius), 29. Jornand., Be reb. Get., 18. Am. MIAN. Marcellin., XXXI, 5, 17. ZosiM., Hist., I, 24. Syncell., Chronogr., p. 376 a. P.

2) Ammian. Margellln., XXXI, 5, 16.

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