‹ Histoire de la Grèce sous la domination des RomainsChapitre 55 sur 227 · THESSALONIQUE · texte numérisé non relu

THESSALONIQUE

tiquité, une ville importante comme port de mer et comme principale station au milieu de la route stratégique romaine qui allait de Dyrrhachion à Byzance : en ce moment, elle prit une importance militaire d'autant plus grande qu'elle était le nœud de toutes les routes de la Macédoine, au nord et à l'est de l'Axios, notamment des grandes routes de la vallée du Strymon et de celles qui conduisent de la vallée de l'Axios dans la Dardanie, le pays des cols qui s'ouvrent sur le nord et la vallée du Danube. C'est ainsi que Thessalonique devint, à plusieurs reprises, le refuge de milliers de Grecs qni avaient fui les pays voisins. Et c'est contre ses murailles puissantes, couronnées de créneaux, se développant en amphithéâtre le long de hautes crêtes de collines et au dessus de profondes déclivités de terrain, c'est contre ses tours formidables que se brisa, d'un siècle à l'autre, la fureur sauvage des peuples du Nord,, tandis que pour les Romans et les Grecs croissait avec chaque génération la valeur de cette ville, qui devint de plus en plus le boulevard de la civilisation antique dans ces contrées ^

Dans cette situation critique, l'empereur Dèce confia la

*) Sur les destinées de Thessalonique, dont nous avons si souvent parlé dans le dernier volume, depuis le temps de l'apôtre Paul, et sur l'importance de la ville, voy. encore Tafel, De Thessalonica ejusqiie agro, p. XXXIV sqq, et p. 177 sqq. Fallmerayer, Fragmente ans dem Orient, II, p. 188 sqq. C'est dans ce temps aussi que tombe une augmentation considérable de la force de résistance de la ville de Thessalonique. Il ressort des recherches de Tafel, loc. cit., p. xxxviii sq. et p. xl, que, selon toute apparence, l'empereur Dèce conduisit dans cette « TcpcotY) MaxsSovcov» (Bôgkh, C. /. Gr., n° 1967) une véritable colonie, composée d'éléments romans, ou illyrico-thraciqnes, ou grecs, ou hellénistiques, on ne sait, et que la ville, dont la « liberté » ne semble pas modifiée, apparaît depuis ce temps sur les monnaies en qualité de métropole honorée du néocorat. (On attribue ailleurs habituellement la colonie à Valérien ; ainsi, dans Bockh, C. I. Gr., II, n° 1969, p. 54 [cf. i^ckhel, D. iV., II, p. 80], qui croyait trouver aussi dans celte inscription des allusions à des solennités funéraires et à des jeux en l'honneur de Valérien, dont la fin fut si malheureuse. Zumpt, Comment. Epigraph., l, p. 437, admet que Valérien, pour récompenser la ville de sa bravoure pendant les luttes de l'année 253 [voy. ci-après], lui accorda les titres, les honneurs et les droits d'une colonie romaine* ).

* Remarquons encore que Zumpt, îoc. cit., p. 377 sq., montre par des documents que les villes macédoniennes de Dion et de Cafandria furent jusqu'à ce temps des colonies juTis italici ; {ibid., v. aussi ce qui concerne Alexandria Troas et Parion). Mabqijabdt, liom. Staatsverwaltung, I, p. 320, note 10, tient pour Valérien.

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