‹ Histoire de la Grèce sous la domination des RomainsChapitre 57 sur 227 · LES GOTHS DEVANT THESSALONIQUE · texte numérisé non relu

LES GOTHS DEVANT THESSALONIQUE

ressources et au petit nombre de troupes restées dans le pays, les Grecs durent néanmoins résister; et il arriva que la même détresse qui, sous Valérien, fit sortir de terre tout un étatmajor de généraux distingués (notamment tirés de la classe des paysans et des bourgeois dans les contrées romanisées de rillyrie, de la Pannonie, de la Mœsie et de la Dacie) réveilla aussi chez les Grecs des forces nouvelles. N'est-il pas remarquable que les citoyens et la garnison de Thessalonique, sur laquelle les Germains, en 253, s'étaient précipités avec toutes leurs forces, supportèrent avec un véritable héroïsme et un plein succès un long siège sous le commandement du brave Valens, à qui cet exploit valut le titre de « Thessalonicus? * » La gravité du danger réveilla aussi en Achaïe le souvenir d'un glorieux passé. Grâce aux institutions municipales qui avaient survécu à tout, on put appeler encore une fois sous les armes la population en masse. A Athènes, on restaura en toute hâte les remparts, qui, depuis le siège de Fufius Calenus, étaient presque tombés en ruines et que la construction de la nouvelle ville Hadrienne avait encore plus affaiblis au point de vue militaire ^. Quant aux Péloponnésiens, ils revin-

*) ZosiM., I, 29, 3. ZoNAR., XII, 23 (p. 629 e. P.). Ammian. Marcellin., XXXI, 5, 16. Syncell., p. 381 c. P. et G. Mùller, Fr. Hist. Grœc, III, p. 728 (fragm. cI'Euseb. Hist. lib. IX) ou L. Dindorf, Hist. Grœc. min., I, p. 201 sqq. Sur Valens, voy. Ammian. Marcellin., XXI, 16, 40. Cf. aussi Theodor Bernhardt, Geschichte Roms von Valericm bis zu Diodetians Tode, I, p. 25, et, comme ouvrages plus anciens, Tafel, De Thessalonica ejusque agro, p. xxxvii sqq.

-] ZosiM., I, 29, 4. Zonar. , XII , 23 (p. 629 c. P.). Syncell.. p. 381 c (P.). C'est à cette construction qu'on doit sans doute rapporter l'épigramme sur l'architecte Illyrios (Bockh, C. I. Gr., I, n° 428). Avant notre époque (plus d'un atlas du monde antique nous révèle jusqu'à nos jours clairement cette manière de voir), il était d'usage d'attribuer à l'époque de Valérien la construction d'une muraille d'Athènes, « qui s'étend depuis la montée de la citadelle à plus de cinq cents pas directement vers le nord jusqu'au fond du Céramique, puis tourne vers l'est, et qui, après avoir suivi une direction rectiligne pendant six cents pas, se rapproche de nouveau de l'Acropole à partir de l'église de Demetrios Katiphôri. C'est un mur puissant, muni d'une allée intérieure, élevé avec tous les matériaux trouvés sur son passage (colonnes, architraves, sièges, autels, inscriptions, ex-votos) et conduit à dessein de manière à englober la masse de grandes constructions de la ville, comme le portique d'Attale et le Diogéneion. Il a contribué puissamment à achever la destruction de ces édifices: d'un autre côté, il a rendu à la

rent à leurs vieilles pratiques, auxquelles, dans leur égoïsme d'insulaires, ils avaient été fidèles en tous temps, comme ils le furent encore au moyen-âge et à l'époque des Ottomans : ils cherchèrent purement et simplement à couvrir leur presqu'île par la restauration et Taug-mentation des défenses de l'isthme de Corinthe ^ Dans le reste du pays, on établit des postes et des gardes de sûreté dans les nombreuses positions susceptibles de défense de la montagne, et on chercha principalement à couvrir les Thermopyles par des masses plus considérables ^

Cette fois encore, comme après la chute de Philippopolis, les Grecs en furent quittes pour la peur. La résistance acharnée de Thessalonique, et sans doute aussi dans la suite l'arrivée de nouvelles troupes de l'Occident, sauvèrent encore une fois le midi de l'inondation des Goths. Et^ dans les années qui suivirent, les excellents généraux de Yalérien ainsi que de son fils et associé à l'empire Gallien, des hommes comme Claude, Macrien, Ulpius Crinitus, Aurélien, Probus, réussirent, selon toute apparence, à réformer peu à peu leurs légions sur le sol illyrien, à les discipliner et à arrêter pour plusieurs années les peuples germaniques de l'Orient sur la ligne qui s'étend du Danube pannonien jusqu'au delta de ce fleuve.

science le service de lui conserver une quantité d'antiquités, notamment d'inscriptions, qui, si elles avaient été disséminées, se seraient perdues, pour la plus grande partie, sans laisser de traces. Mais aujourd'hui tous les gens compétents sont d'accord à admettre que ce soi-disant mur de Valérien appartient à une époque bien postérieure. 11 a dû être construit après la fin des gymnases athéniens, qui furent fermés par Justinieu I^"" ; aussi l'a-t-on récemment attribué même à l'époque franque ». Ainsi s'exprime E. Curtics dans le texte explicatif de ses Sieben Karten zur Topographie von Athen, (1868), p. 57. (Cf. p. 47) ; voyez aussi du même auteur Attische Studien (I. Pnyx und Stadtmauer, 1862), p. 77 sqq. et II (1865), p. 28 sqq. 36. W. ViscHER, dans le JV. Schweizer. Museum, III (1863), p. 73 sqq. Finlay, Griechenland unter den Rômern (trad, allem.) p. 83 sqq. [L'opinion de Cur- Tius dans les Attische Studien n'est combattue actuellement (1863) que par Pervanoglu dans le Philologus, XX, p. 533, Cf. Wachsmuth, Bie Stadt Athen, p. 705 sqq.].

') ZosiM,, I, 29, 4. Zonar., loc. cit. Syncell. loc. cit, Curtius, Peloponnesos, I, p. 14. II, p. 547. BuRsiAN, Géographie von Griechenland, II, p. 18.

*) ZosiM., I, 29, 5. Syncell., loc. cit.

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