‹ Histoire de la Grèce sous la domination des RomainsChapitre 59 sur 227 · L*EMPIRE ROMAIN ET SES ENNEMIS · texte numérisé non relu

L*EMPIRE ROMAIN ET SES ENNEMIS

et l'on ne pensa pas plus à résister qu'à Nicée, Cios, Apamée etPruse. C'est ainsi que de toutes parts un riche bulin tomba entre les mains des Germains. Cyzique n'échappa sans doute à sa perte que parce que le Rhyndacos, à la suite de pluies violentes, avait débordé au loin et forcé les Goths à retourner vers le Bosphore : ils se soulagèrent de leur irritation de cet échec en incendiant, pendant la retraite, les villes de Nicée et de Nicomédie ^

C'était une cruelle humiliation pour l'empire et pour l'armée que de telles catastrophes fussent possibles. Cette situation effroyable s'expliquait pourtant par ce fait que les Romains durent tout à coup défendre au moins six fronts en même temps contre d'énergiques ennemis; que la Pannonie fut pendant quelque temps, en 258, en pleine insurrection; que l'armée était encore en partie fort démoralisée, et qu'elle n'était pas de beaucoup assez nombreuse pour faire face à tant d'exigences nouvelles ; que les défaites, la pesle et le manque d'argent rendaient excessivement difficile le recrutement des légions et des corps auxiliaires ; enfin que les empereurs trouvaient beaucoup plus facilement des généraux capables au point de vue militaire que des chefs qui fussent en même temps sûrs au point de vue politique.

Pendant que Gallien et ses généraux avaient à lutter sans relâche sur tout le cours du Rhin et du Danube, Valérien se voyait lui-même forcé de résister avec toutes les forces disponibles aux Perses du roi Sapor P'' (240-271) qui, depuis Tannée 253, avaient mis la main sur l'Arménie, puis, depuis l'année 254, attaqué avec succès la Mésopotamie, et même, en octobre 255 (d'autres disent dans l'été de 256), pris lapuissante capitale de la Syrie, Antioche, qu'ils avaient durement maltraitée. Ces désastres retenaient le vieil empereur depuis l'année 256 dans l'extrême Orient de l'empire. Le célèbre conseil de guerre qu'il avait tenu dans les Thermes de Byzance -,

*) ZosiM., I, 34, 1 à 35, 5. Jornand., 20). La dévastation de ces contrées et de iNicomédie est esquissée d'une manière générale par Syncell., p. 382 5 (P.). Trebell. Poll., Gallien., 4, 7-8. Cf. Bernhardt, Geschichte Roms, I, p. 30, et KôPKE, Die Anfdnge des Kônigthums bei den Gothen, p. 49.

*) Comparez le très intéressant tableau de la séance de ce « sénat en

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