‹ Histoire de la Grèce sous la domination des RomainsChapitre 66 sur 227 · NOUVELLE INVASION DES GOTHS · texte numérisé non relu

NOUVELLE INVASION DES GOTHS

énormes se mirent en mouvement du Dniester vers les provinces thraco-grecques de l'empire romain.

Les Germains se précipitèrent d''abord sur les forteresses mœsiennes de Tomi et de Marcianopolis, mais le courant fut arrêté par leurs murailles ^ Alors, semble-t-il, les masses allemandes se divisèrent. Une fraction importante semble s'être répandue sur la Mœsie ; malgré la résistance que les troupes romaines leur opposèrent à Marcianopolis et dans la province en général, les Germains réussirent enfin à franchir le Balkan du côté de la Thrace et inondèrent cette contrée. Ce succès dut leur coûter cher, car Claude, outre son frère Quintillus, officier capable, avait mis l'énergique Aurélien, qui avait peut-être été déjà victorieux à Marcianopolis, à la tête de toutes les forces qui se trouvaient dans l'Illyricum et en Thrace ^ Malheureusement ces généraux furent débordés, et l'arrivée de l'empereur lui-même avec des troupes fraîches devint de plus en plus nécessaire.

L'autre fraction des Germains partit de Marcianopolis sur des navires et se dirigea directement vers le sud. Mais cette fois la fortune fut infidèle aux hardis aventuriers. De violentes tempêtes hivernales ou d'équinoxe qui les surprirent sans doute près des îles Cyanées, oii l'entrée dans le Bosphore n'est jamais sans danger, leur firent éprouver de grandes pertes. Un grand nombre de leurs légères embarcations, qui faisaient voile en ordre compacte, furent entraînées par le courant, perdirent leur direction malgré les efforts des pilotes et périrent en masse, soit heurtées les unes contre les autres, soit jetées contre les écueils du rivage oii elles se brisèrent ^. Après que la flotte, si cruellement éprouvée, se fut ralliée^ elle pensa qu'une attaque contre les villes fortes du Bosphore serait

semble résulter de ZosiM., I, 42, 3,' que les autres expéditions maritimes tombèrent encore dans la rude saison de tempêtes de l'année 269 : le désastre des vaisseaux fgermaniques dans le Bosphore semble avoir eu en partie pour cause la rigueur des éléments.

') ZosiM., 42, 1 et 2. Cf. Trebell. Poll., Claud., 9, ,3.

2) Cf. Fl. Vopisc, Aurelian., 17.

3) ZosiM., ï, 42, 2 sq. Trebell. Poll., Claud., 9, 4. Syncell., p. 384 c. (P.), et vcy. encore A. Duncker, loc. cit., p. 35.

Page 1