‹ Histoire de la Grèce sous la domination des RomainsChapitre 7 sur 227 · CARACTÈRE FISCAL DE LA RÉFORME · texte numérisé non relu

CARACTÈRE FISCAL DE LA RÉFORME

ment élevé depuis que l'empereur Septime-Sévère avait porté jusqu'à trente-trois légions l'effectif des troupes de ligne romaines. Dans la situation où était alors l'empire, qui voyait, après la mort de cet empereur, les Alamans sur le Main, le haut Rhin et le haut Danube, puis les Goths, à l'embouchure de ce fleuve, s'annoncer comme de nouveaux ennemis fort redoutables, il n'était pas possible que Caracalla songeât à réduire la force numérique de l'armée. Ajoutons à cela cette circonstance fâcheuse, qui ne tenait à aucune nécessité politique, mais uniquement au naturel et aux crimes du redoutable empereur, à savoir que Caracalla aimait à se livrer à l'égard des soldats à une prodigalité sans bornes. Non seulement Caracalla, de sa personne, était presque exclusivement un soldat, mais, par le meurtre de son frère Géta en février 212 et par la cruelle persécution dont tous les partisans de ce malheureux prince furent l'objet de sa part, il avait pour ainsi dire tranché tous les liens moraux qui pouvaient l'attacher aux éléments honorables de la population civile de Rome, et il ne trouvait de plaisir et de sécurité que quand il était au milieu de ses soldats. Or, comme il n'avait acheté qu'au prix de dons énormes l'assentiment muet de la garde impériale irritée d'abord contre son forfait et des légions campées sur le mont Albain, il continua de gâter l'armée d'une manière dangereuse par de nouveaux dons et de nouvelles augmentations de la solde. Les choses en vinrent enfin au point que le budget annuel de l'armée dépassa de 70 millions de drachmes (ou de francs) le chiffre auquel il montait déjà sous Septime-Sévère \ Dans cette situation, il n'était que naturel que le farouche mais perspicace empereur octroyât avec plaisir ou consentît à octroyer cette « Constitution » qui, en dehors de différents et indéniables avantages pour tout Tempire, promettait de lui ouvrir personnellement une riche source de revenus. La spéculation de l'empereur avait pour but d'ajouter aux anciennes charges supportées par la population gratifiée désormais de ce nouveau droit de cité ; pendant que les anciennes contributions continuaient de peser

0 Dio Cass., LXXVIII. 36.

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