RÉFORME MONÉTAIRE
ment de cet empereur. On était débarrassé de l'anarchie soldatesque et des incessants pronunciamientos des généraux : aussi, malgré les dépenses occasior^nées par la nouvelle bureaucratie, les impots étaient-ils tolérables sous Dioclétien : on trouvait un allégement appréciable dans l'abolition de la capitation pour la plèbe et les esclaves des villes (que Galère rétablit lorsqu'il fut empereur, mais que Licinius supprima de nouveau*). Mais ce qui fut le plus grand bienfait pour la Grèce — oii, pendant la détresse de l'époque gothique, la situation monétaire des villes qui frappaient encore du cuivre, comme Athènes, Corinthe, Patrse^ Nicopolis, était devenue désastreuse sous Gallien au point d'enlever toute valeur h leur droit de battre monnaie, lequel avait été supprimé naturellement par la réforme d'Aurélien — ce fut la nouvelle réforme monétaire de Dioclétien, qui produisait déjà des résultats décisifs. L'immensité de la tâche d'Aurélien, plus tard la mort subite de Probus, n'avaient pas permis à leurs réformes monétaires de produire leur effet; notamment la grande monnaie d'argent, comme on l'appelait , ^â!n^(?/^m^«?^^/s, ne parvenait toujours pas à se débarrasser de sa funeste parenté avec le cuivre. Mais Dioclétien s'attacha à établir un ordre de choses radicalement nouveau. Il réussit peu avec la monnaie d'or ; ce fut pourtant un progrès que la création d'une nouvelle pièce d'or de près de 6 gr., qui devait tenir la place de l'ancien aureus et redevenir la monnaie principale ; mais bientôt sa fabrication de monnaies d'or, comme celle de ses collègues, retomba dans l'ancien désordre et l'ancienne instabilité*.
en matière de napaartii-zloiGin et a pour but de mettre des bornes à la cupidité éprouvée des Césariens ou employés du fisc impérial qui avaient été créés dans une bonne intention ; cf. Cod. Theodos., XII, 7. Cod. Justinian., X, 1, [De jure fisci] 5 (paroles de l'empereur Dioclétien et Maximien), et Novell. Justinian., LXXXII, 5.
*) Preuss, p. 111.
*) HuLTSCH, Griech. u. Mm. Métrologie, p. 241. Prelss , Kaiser Biokletian und seine Zeit, p. 113. Pour ce qui est de la fabrication de la monnaie d'or, MoMMSEN {Geschichte des Rom. Mûnzwesens, p. 778), d'après les matériaux qui sont aujourd'hui à notre service, ne constate pas une amélioration complète sous Dioclétien et ses codègues, mais trouve encore des restes considérables de l'ancienne confusion Ainsi, par exemple, « d'audacieux rognements, des demi-réformes, la fabrication simultanée par plusieurs sou-
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Par contre, Dioclétien mit fin définitivement au trouble qui régnait dans le système de la monnaie d'argent. C'est sous son règne que, depuis 292 ap. J.-C, la fabrication des monnaies d'argent à plein poids fut reprise sur une grande échelle \ Les pièces en pseudo-argent du demi-siècle précédent, surtout du temps de Gallien (depuis Aurélien elles étaient tombées à leur valeur véritable, ce qui avait produit des pertes colossales), furent retirées et fondues pour d'autres usages : celles qui étaient moins mauvaises furent « laissées dans la circulation, comme monnaie d'appoint, avec uue valeur nominale légèrement plus élevée »: en même temps, Dioclétien faisait frapper une pièce d'argent principale qui, sous un nom nouveau que nous ignorons, était égale à l'ancien denier de Néron, de 1/96 de livre. La fabrication des monnaies de cuivre fut remise sur un pied régulier pendant les années 296 à 302, en conservant toutefois la pratique du blanchiment des pièces qui ne comptaient plus que comme cuivre. Aussi le monde romano-grec put-il se remettre, autant que possible, des suites fâcheuses de la banqueroute publique et d'une crise financière qui avait duré plus de trente ans. Ajoutons, pour conclure sur ce point et en anticipant un peu sur les événements, que la complète réparation de l'épouvantable désordre économique de ce temps sera due à Constantin le Grand, qui se montra, à tant d'égards, réformateur et créateur. Le désordre qui continuait encore dans la fabrication de la monnaie d'or, et « qui non seulement changeait le poids normal, mais supprimait même toute règle pour le poids », conduisit enfin « à l'abolition complète de la monnaie d'or comme telle » : les pièces d'or ne pouvaient plus être acceptées que comme lingots, la balance à la main. C'est pour cela que dans sa réforme monétaire, inaugurée en 312, et dans
verains alliés ou ennemis d'après des systèmes dillerents, des fautes et des malversations res fonctionnaires » expliquent le désordre qui règne encore dans les émissions; ainsi « la pièce d'or ordinaire de Dioclétien oscille environ, comme celle de Gallien, entre 5,93 grammes et 4,39 ».
*)MoMMSE\, Gesch. des Rom. Milnzwesens, p. 784 sqq. 79i sqq. 836. Sur la monnaie de cuivre de Dioclétien, voy. p. 790. 801 sqq., et en général Verfall des R. M., p. 262 sqq. Preuss, Kaiser Diokletian und seme Zeif, p. 113 sqq. Fj\lay. p. 421 sqq. HuLTScn, Métrologie, p. 2-47 sqq. 250 sqq.